jeudi 12 janvier 2012

Le rapport qui va jeter le trouble dans la campagne

Quels sont les coûts complets de la filière ? La Cour des comptes, dans un rapport à paraître le 31 janvier, laisse la question entière. Pointant les "incertitudes" des estimations actuelles, elle demande des "devis réalistes" sur la gestion des déchets et une expertise indépendante des charges de démantèlement.


Marie-Caroline Lopez et Valérie SegondLoin de clore le débat actuel sur le nucléaire en France, le rapport que va publier fin janvier la Cour des comptes sur les coûts de cette industrie ne fera que le lancer. Les conclusions - d'une version non définitive - de ce rapport, que La Tribune s'est procurées, sont sans ambiguïté. Prolixe sur les coûts du passé (construction du parc, recherche) et actuels (maintenance, exploitation), la Cour fait part des "incertitudes importantes" sur les coûts à venir, liés en particulier au démantèlement des centrales et à la gestion des déchets de longue durée. Confortant ainsi l'un des principaux arguments des opposants au nucléaire (voir ci-contre).
Quant aux coûts de la sûreté, voués à une flambée certaine depuis la remise, la semaine dernière, par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) de son rapport sur les travaux à effectuer sur le parc français pour tirer les leçons de Fukushima, ils seront à peine évoqués. Comment la Cour des comptes peut-elle, ainsi que le précise le Premier ministre dans sa lettre de mission de mai dernier, "expertiser les données fournies par les opérateurs" avant le 31 janvier alors qu'EDF a jusqu'en juin pour réaliser son devis des travaux exigés par l'ASN ? D'évidence, le gouvernement ne voulait pas retarder après la présidentielle la publication de ce rapport, dont il espère qu'il confortera ses positions en faveur du nucléaire.
André-Claude Lacoste, président de l'ASN, a néanmoins été auditionné mardi 10 janvier rue Cambon. En l'absence de chiffrage détaillé d'EDF, il s'est contenté de donner son avis sur le devis avancé par l'électricien la semaine dernière, autour de 10 milliards d'euros. "Ces chiffres lui semblent un peu optimistes", avance une source proche. Dès le lendemain, mercredi 11 janvier, les douze experts qui "assistent" la Cour dans ce travail recevaient le projet de rapport final, avant une dernière réunion programmée lundi 16 janvier. Ce qui laisse décidément très peu de temps pour intégrer dans ce rapport les conséquences de Fukushima dans la facture nucléaire française.
Après avoir - longuement - établi que la seule construction du parc nucléaire actuel avait coûté 96 milliards d'euros (sur des dépenses nucléaires civiles totales - recherche, usines Areva, réacteurs arrêtés... - de 227,8 milliards d'euros), soit 1,5 milliard le mégawatt (MW) installé (contre 3,7 milliards le MW pour l'EPR, souligne la Cour), le rapport scrute les investissements à consentir en matière de démantèlement et de gestion des déchets. Et ces deux questions clés restent sans réponse, faute d'avancées concrètes de la part des opérateurs.
Les charges liées au démantèlement sont estimées à 22,2 milliards d'euros. Mais la Cour recommande la plus grande prudence sur ces chiffres qui "doivent être regardés avec précaution, l'expérience en la matière, tant d'EDF [centrales de première génération] que du CEA ou d'Areva, ayant montré que les devis ont très généralement tendance à augmenter quand les opérations se précisent, d'autant plus que les comparaisons internationales donnent des résultats très généralement supérieurs aux estimations d'EDF" (voir l'exemple britannique). La Cour demande d'ailleurs qu'EDF change de méthode pour le calcul de ses provisions de démantèlement. L'actuelle "ne permet pas un suivi suffisamment précis des évolutions de ces provisions".
 
Chiffrer l'hypothèse d'un stockage

Surtout, la Cour des comptes "confirme la nécessité et l'urgence de faire réaliser, comme l'envisage la DGEC [aux ministères de l'Énergie et de l'Écologie], "des audits techniques par des cabinets et des experts extérieurs afin de valider les paramètres techniques" de la nouvelle méthode de calcul préconisée. "Nul doute qu'il n'y a rien de nouveau depuis le précédent rapport de la Cour sur ces coûts en 2005-2006, souligne un expert. On en saura plus seulement lorsqu'EDF aura avancé dans le démantèlement du réacteur de Chooz A, à l'arrêt depuis 1991, qui sera le premier réacteur à eau pressurisée à être déconstruit." Les réacteurs précédemment stoppés appartenaient à une autre technique (graphite-gaz), les méthodes ne sont donc pas comparables. Les coûts non plus.
Quant aux provisions sur les coûts de la gestion des déchets de longue durée, "elles ne sont pas stabilisées", affirme la Cour. Elles reposent sur un devis de l'Andra de 2003 qui a, depuis, plus que doublé, passant de 15 à 35 milliards d'euros, "il y a donc un doute manifeste sur le bon niveau des provisions d'EDF, d'Areva et du CEA", écrit la Cour. Elle recommande que "soit rapidement fixé le nouveau devis sur le coût de stockage géologique profond, de la manière la plus réaliste possible, c'est-à-dire en tenant compte des résultats des recherches menées sur ce sujet mais sans anticiper sur leurs résultat". Enfin, au détour de sa deuxième recommandation sur les déchets, la Cour pointe les limites du credo français en matière de retraitement des combustibles. Elle demande en effet à l'Andra d'étudier, en la chiffrant, l'hypothèse d'un stockage, dans son futur centre souterrain, des combustibles usés mox et uranium (déjà retraité une première fois) sortant des centrales. Le mythe du recyclage continue de s'effondrer.

POUR QUE LES POLITICIENS SOIENT MOBILISES SUR LES CATASTROPHES NUCLEAIRES



Sur Facebook une initiative positive.
Entrez dans la danse!
Le dimanche 6 mai 2012
Malgré une liste longue de catastrophes nucléaires, de nombreux élus restent fermement pro-nucléaires. 


Maintenant, imaginez qu'une "LOI DE LA RESPONSABILITE NUCLEAIRE" soit votée et qu'elle oblige ceci :


"Tout élu politique au départ de son mandat doit se positionner pour ou contre l'énergie atomique. Dans un soucis de responsabilité, d'équité et de justice sociale, les élus qui se seront positionnés favorablement seront mobilisés les premiers sur les lieux en cas de catastrophe nucléaire"


Pensez-vous un instant que les élus politiques pro-nucléaires, depuis les maires jusqu'au président de la République, persévèreraient dans la politique nucléaire de la France ?


Cette page évènementiel a pour objectifs :
- de mobiliser un maximum de personnes présentes sur Facebook favorables à cette résolution
- de mobiliser des compétences et du temps pour faire progresser cette idée jusqu'aux élections présidentielles du 6 mai 2012.


L'inscription n'oblige en rien à l'implication, conscients qu'il y a tant de combats à mener et de l'amour au quotidien à partager. Toutefois, chaque inscription est un appel en plus sur la toile pour dire stop à l'irresponsabilité - ou bien au partage des conséquences.


Il est donc important de vous inscrire. Selon l'impact de cette initiative il y aura ou pas un évènement prévu le jour des élections, mais ce n'est pas la priorité. Le véritable évènement est de nous mobiliser de manière virale : c'est-à-dire par Internet. Le 6 mai 2012 est en fait notre échéance, notre challenge.


N'hésitez pas à venir diffuser vos informations, appels à mobilisation, associations, blogs, etc.


Ca ne coûte rien, ça ne prend pas beaucoup de temps, et ça peut être très efficace : mobilisez vos réseaux. Tous vos réseaux. Pour dire STOP AU NUCLEAIRE.


Au nom de la planète et des enfants, merci.
Boris Aubligine
Aujourd'hui nous avons passé la barre des 2000 invités. Merci à tou/tes ceux qui mobilisent leur réseau. L'idée se diffuse c'est important. pour le moment nous sommes sur la partie basse de l'exponentielle.

Je rappelle, tout le monde peut laisser des messages de colère, d'espoir, des idées, des invitations, des liens... et tout le monde peut venir piocher ce qu'il veut.

Si vous faites partie d'un réseau, n'hésitez pas à me contacter il est tout à fait possible de travailler ensemble pour faire progresser cette idée et gageons qu'elle devienne une réalité.

Merci à toutes et à tous.
https://www.facebook.com/events/228425930569929

samedi 7 janvier 2012

Fillon appuie un projet d'Areva auprès de son homologue tchèque


Fillon appuie un projet d'Areva auprès de son homologue tchèque

PARIS - Le Premier ministre François Fillon a réaffirmé le soutien du gouvernement français à la candidature d'Areva pour la construction de réacteurs nucléaires à la centrale de Temelin, vendredi, lors d'un entretien avec son homologue tchèque Petr Necas, a indiqué Matignon.

La coopération franco-tchèque dans le domaine de lénergie nucléaire a été lun des principaux points évoqués, ont précisé les services du Premier ministre dans un communiqué.

Lors de cette rencontre de plus d'une heure, M. Fillon a réaffirmé le soutien du gouvernement français à loffre dAreva pour le projet de construction de nouveaux réacteurs sur le site de Temelin (sud-ouest).


:( La centrale nucléaire de Temelín, opérée par ČEZ, est située à proximité du village Temelín en Bohême du Sud en République tchèque, à 50 km de la frontière autrichienne et 60 km de la frontière allemande. Elle est composée de deux réacteurs et quatre tours de réfrigération d'une hauteur de 150 mètres. D'une superficie d'environ 1,45 km², le site emploie environ 1000 personnes. ):

Areva est en course avec le Russe Atomstroïexport et l'Américain Westinghouse dans l'appel d'offres pour la construction de deux nouveaux réacteurs. Les candidats ont jusqu'au 2 juillet 2012 pour déposer leurs offres. La décision finale est attendue en 2013.


Alors que Paris s'efforce de mettre en avant la qualité de son offre en matière de nucléaire civil, le chef du gouvernement a évoqué avec M. Necas les principales conclusions du rapport remis cette semaine par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) au sujet des tests de résistance des installations françaises, à la lumière de la catastrophe de Fukushima (Japon).

Selon l'ASN, ces installations présentent un niveau de sûreté suffisant. Mais elle a aussi jugé indispensable d'accroître leur robustesse.

Lors de l'entretien, MM. Fillon et Necas ont aussi abordé les questions européennes, notamment la mise en oeuvre des décisions prises lors du sommet du 9 décembre, d'après Matignon.

Le Premier ministre tchèque, qui n'a pas fait de déclaration, a souligné combien la stabilité et la solidité de la zone euro étaient importantes pour l'économie tchèque, a ajouté Matignon.

Membre de l'UE depuis 2004, Prague ne fait pas partie de la zone euro. Petr Necas a déclaré à plusieurs reprises que son gouvernement n'allait pas fixer de date pour l'adhésion de son pays pendant son mandat, qui expire en 2014.

Les deux dirigeants, qui ont signé l'an dernier un plan d'action 2011-2013 du partenariat stratégique, ont enfin convenu de la nécessité de promouvoir davantage nos échanges économiques, en particulier dans les hautes technologies et la coopération spatiale.

AREVA


(©AFP / 06 janvier 2012 14h24) 

vendredi 6 janvier 2012

La sécurité des centrales nucléaires va être renforcée


Un agent de sécurité de la centrale nucléaire de Chinon, lors de la visite du ministre de l'Intérieur Claude Guéant, le 6 janvier 2012. (© AFP Alain Jocard)
Equipes cynophiles, Taser pour les gendarmes, nouvelles caméras: le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a profité vendredi d'une visite à la centrale nucléaire de Chinon pour annoncer un renforcement des mesures de sécurité dans ces installations.
Un mois après l'incursion très médiatisée de militants de Greenpeace dans deux d'entre elles, début décembre, Claude Guéant, accompagné du président d'EDF Henri Proglio, s'est rendu à la centrale d'Avoine (Indre-et-Loire), près de Chinon. Le 5 décembre dernier, les militants de Greenpeace avaient dû se contenter d'y accrocher une banderole sur la clôture extérieure, tandis que d'autres militants parvenaient à s'introduire dans les centrales de Cruas (Ardèche) et de Nogent-sur-Seine (Aube).
Après une visite des équipements souvent ultramodernes de la gendarmerie, Claude Guéant a annoncé la signature d'un "protocole d'action commune" entre la gendarmerie et EDF pour renforcer la sécurité des centrales et dissuader des actions de type Greenpeace.
"L'objectif est de faire en sorte que la sécurité des installations contre les risques terroristes soit durcie afin que la sûreté des centrales soit elle-même garantie dans des conditions d'efficacité optimale", a déclaré Claude Guéant à la presse.

Des «centaines de millions d'euros» investis

Les pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG), unités qui assurent depuis 2009 la sécurité des centrales, vont être renforcés. Les quelque 150 km de clôtures que compte le parc nucléaire français vont être vérifiés et renforcés, et le nombre de caméras devrait passer d'environ 300 à 400 par site, a détaillé le directeur de la production nucléaire d'EDF, Dominique Minière.
Les gendarmes vont disposer d'un matériel plus adapté, notamment les controversés pistolets à impulsion électrique, de type Taser, pour les intrusions "non terroristes".
Facture totale: "plusieurs centaines de millions d'euros", selon Dominique Minière.
Un renforcement des sanctions pénales pour les auteurs d'intrusion dans les centrales est également envisagé, a souligné Claude Guéant, rappelant que la justice se prononcera sur le cas des militants de Greenpeace les 20 et 24 janvier prochains.
Dans les prochains mois, "le gouvernement sera très certainement amené à proposer au parlement une aggravation des sanctions", a prévenu le ministre.

Quelles conséquence pour les prix?

Déterminés à exposer les failles dans le système de sécurité des centrales, deux militants de Greenpeace étaient parvenus le 5 décembre à pénétrer dans la centrale de Cruas (Ardèche) et neuf autres dans celle de Nogent-sur-Seine (Aube). D'autres activistes avaient tenté d'entrer sur d'autres sites.
Henri Proglio a pour sa part été interrogé sur les conséquences sur les factures d'électricité des Français, des quelque 10 milliards supplémentaires d'EDF va devoir débourser pour renforcer la sûreté nucléaire de son parc et la sécurité des installations, comme l'y a enjoint l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dans un rapport remis début janvier.
"Il est clair qu'il y aura une évolution des tarifs qui est progressive, qui sera maîtrisée par les autorités, puisque pour l'instant ces prix sont régulés et vont le rester jusqu'en 2015", a déclaré Henri Proglio à la presse à l'issue d'une visite de la centrale nucléaire de Chinon aux côtés du ministre de l'Intérieur Claude Guéant. "Les tarifs évolueront lentement", a-t-il ajouté.
"On aura un prix de l'électricité qui de toute façon en valeur absolue restera le plus bas, et en valeur relative augmentera beaucoup moins vite que dans les autres pays européens", a-t-il souligné.
(AFP)

mardi 3 janvier 2012

Bonne année 2012 Le réveillon du désespoir


Les réfugiés chassés de chez eux par la crise nucléaire de Fukushima n'ont pas le coeur à célébrer une nouvelle année dont ils disent ne pas avoir grand-chose à attendre.

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Dans la zone sinistrée, en juillet 2011. (photo: Keystone/AP)
Le 1er janvier est l'une des fêtes les plus importantes pour les Japonais, qui profitent de ces quelques jours de congés pour se réunir en famille, visiter des temples et faire des agapes.
Mais ce réveillon sera certainement empreint de tristesse pour les dizaines de milliers de personnes forcées de fuir en quelques heures leur domicile lorsque les réacteurs de la centrale nucléaire Fukushima Daiichi ont commencé à cracher des particules radioactives, après le passage du tsunami géant du 11 mars.
«Je ne peux pas dire bonne année»
Beaucoup des quelque 1.000 réfugiés accueillis dans une tour de 36 étages de Tokyo confient que l'humeur n'est pas à la célébration, après les mois terribles qu'ils viennent de vivre.
«Je ne peux pas dire bonne année cette année car je ne me sens pas heureux», déclare à l'AFP Yuji Takahashi, qui habite depuis avril dans cet immeuble appartenant au gouvernement.
Le séisme de magnitude 9 qui a déclenché un gigantesque tsunami sur les côtes nord-est du Japon, a également fait quelque 20.000 morts et disparus.
Les années précédentes, les membres de la famille de M. Takahashi se réunissaient dans sa maison de Tomioka, située à 6 kilomètres de la centrale nucléaire, pour boire du saké et déguster les plats d'«osechi», confectionnés traditionnellement pour le Nouvel An à base de légumes du potager.
«C'était si bien, si joyeux, mais je ne peux pas le faire cette année», regrette cet ancien instituteur de 68 ans.
Vie changée de fond en comble
«Ma vie a complètement changé. Je ne sais pas pendant combien de temps je vais devoir vivre comme ça. C'est le plus désespérant. Je préférerais presque que le gouvernement nous dise que nous ne pourrons jamais revenir chez nous. J'essaye de me préparer au pire.»
Le Japon a annoncé que le démantèlement des réacteurs endommagés par le tsunami pourrait prendre 40 ans et que certaines zones proches du site pourraient être inhabitables pendant plusieurs décennies.
Shigeko Sasaki, dont la maison à Namie a été emportée par le raz-de-marée, est en colère contre le gouvernement qui l'a hébergée dans un immeuble surplombant la baie de Tokyo.
«J'ai peur de l'eau», dit-elle. «Pourquoi (le gouvernement) nous a-t-il mis si près de la mer? Au début, j'ai cru que je ne pourrais pas vivre ici.»
Depuis, cette femme de 61 ans s'est habituée à regarder la mer qui a si cruellement ruiné sa vie. Mais elle ne peut pas s'empêcher de voir l'avenir en noir.
«Nous devons trouver un endroit où nous fixer, et tous les gens avec lesquels j'ai sympathisé ici vont à nouveau être dispersés», regrette Mme Sasaki.
Réacteurs sous contrôle
A la mi-décembre, le premier ministre Yoshihiko Noda a annoncé que les réacteurs de Fukushima étaient désormais sous contrôle. Le gouvernement va en conséquence procéder d'ici avril à un redécoupage des zones d'habitation autour de la centrale en fonction des niveaux de radioactivité.
Mais Kozo Misawa, 69 ans, dont la maison et le restaurant sont situés dans une zone qui pourrait être de nouveau considérée comme «habitable», ne s'en réjouit pas pour autant car, dit-il, les communautés qui vivaient là-bas ont toutes été détruites.
«C'est facile pour le gouvernement de dire: C'est réglé. Vous pouvez rentrer chez vous , mais comment pouvons-nous retrouver notre vie d'avant?»
Il pense que même si la zone est rouverte, beaucoup de commerces, de restaurants et d'hôpitaux qui font l'âme d'une ville risquent de rester fermés.
«C'est dur de vivre sans savoir où l'on va», reconnaît M. Misawa, qui n'a pas encore décidé s'il allait regagner son domicile à Minamisoma, au printemps prochain.
Il a même renoncé cette année à envoyer des cartes de voeux, une tradition pourtant scrupuleusement respectée au Japon. «Nous n'avons pas le coeur à écrire bonne et heureuse année », confie-t-il.
(afp)

mercredi 28 décembre 2011

Ces familles de Minami-Soma


Samedi 24 décembre 2011
« J’arrive au bout de mon voyage. Je ne peux clamer : « Evacuons TOUS les enfants du district de Fukushima ! », comme je le pensais avant de partir. Dire cela, correspond à une position idéologique. Si je faisais ça, je ressemblerais à TEPCO ou à tous ceux qui clament qu’il n’y a aucun problème. Ce discours ne tient pas la route face aux habitants de Minamisoma qui rêvent de faire revivre leur ville. Il ne contribue qu'à augmenter la tension qui est déjà en eux...
Au bout de ce voyage, une chose est claire cependant. NOUS DEVONS PRENDRE NOS RESPONSABILITES. Au sens étymologique du terme, cela veut dire : répondre aux questions. Ici, il s’agit d’être capable de répondre aux enfants qui nous demanderont pourquoi nous avons agi sans tenir compte de leur futur ! »
Situation de Minamisoma par rapport à la centrale de Fukushima 
A Minamisoma, à 25 km de la centrale de Fukushima, il y a des familles qui continuent à vivre. Le gouvernement les a laissées revenir dans leur village, où les maisons ont souvent été détruites par le séisme. N’ayant pas assez de revenus pour déménager ailleurs, elles occupent des logements provisoires. Ceci malgré des radiations dépassant le microsievert par heure dans l'air et le million de becquerel au m² dans la terre. A Tchernobyl, il n'y aurait plus personne. Le gouvernement ne les aidera pas à déménager, ni cette année, ni l'année prochaine, ni jamais...
Beaucoup de personnes âgées ne peuvent pas faire plusieurs dizaines de km pour aller acheter à manger. M. ODOME (73 ans) organise une distribution de vivres dans l'ancien hôtel qu'il tenait avant la catastrophe. Il le dit lui-même : « Le moindre petit colis contenant de la nourriture est précieux pour nous. » Cet homme fait preuve de beaucoup de courage et de détermination. 
Concrètement, que peut-on faire pour aider ces familles de Minami-Soma ?
A l’initiative d’un groupe facebook, une aide directe à M. Odome s’est engagée. Si vous fréquentez ce média social, vous pouvez retrouver les informations en cliquant sur ce lien : groupe « Les amis de M. Odome »
Dans le cas contraire, vous pouvez directement soutenir M. Odome pour qu’il continue à aider la population à être ravitaillée en nourriture saine en lui envoyant directement des colis à l’adresse suivante.
M. Takao ODOME
Business Hotel ROKKAKU
HARAMACHI KU OOMIKA JI HIRABAYASHI 51
MINAMI SOMA SHI
FUKUSHIMA KEN
975-0049 JAPON
Quels types de produits pouvez-vous envoyer ?
Sardines à l'huile, biscuits, chocolat, fruits secs, confitures, tous produits finis...
Riz et céréales sont trop lourds pour être envoyés par avion (le bateau prend 3 mois).
A éviter : charcuterie et viande (la douane japonaise n'accepte pas).
Lettre de M. Odome du 6 octobre 2011
« La "zone d'évacuation à titre exceptionnel (20-30 km)" vient d'être banalisée, et pourtant, aucune décontamination n'est effectuée sur les terrains privés ... L'État a-t-il décidé de laisser les autorités locales sans aucune aide ?
Cela fait maintenant plus de six mois que nous avons été déclarés "sinistrés".
Nous retrouvons peu à peu notre sérénité, et parfois même des sourires apparaissent sur les visages. Mais les pertes infligées aux personnes sont telles que certains choisissent de mettre une fin à leur vie.
C'est la réalité.
Et ceci nous fait parfois hésiter sur le meilleur moyen de conduire notre action en tant que bénévoles. Les dons matériels (denrées, vivres) qui nous parviennent de tout le pays nous réchauffent le cœur, et sont vraiment très utiles pour tous les sinistrés ici.
Tant qu'il n'y aura pas de redémarrage de la vie commerçante ici, nous pensons solliciter encore votre aide.
En plus de cela, nous comptons poursuivre une aide psychologique aux sinistrés, notamment en faisant des rondes parmi les habitations provisoires pour pouvoir aussi parler avec les gens.
Grâce à vos envois, nous devrions avoir à peu près assez de vêtements d'hiver, même si nous manquons encore un peu de couvertures.
Pour la suite, tout ce qui est alimentation nous ferait un grand plaisir. Le moindre paquet est le bienvenu. Nous nous recommandons à votre bienveillance.
Chaque personne sinistrée ici n'a qu'un vœu : pouvoir vivre à nouveau avec sa famille, ou travailler à nouveau, le plus vite possible.
Nous vous prions de croire à l'expression de notre gratitude et souhaitons la santé à toutes les personnes chaleureuses qui ont bien voulu nous aider.
Le 6 octobre 2011, Takao ODOME,
Président de l’Association pour la protection de la vie et de l'environnement contre les centrales nucléaires »
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Informations supplémentaires : vidéos et photos
Une école maternelle rouvre ses portes à Minamisoma
Reportage en japonais sur M. Odome

lundi 26 décembre 2011

Marcoule: Capitale explosive de l’industrie nucléaire française

(12 SEPTEMBRE 2011)
L’explosion mortelle qui vient d’avoir lieu à Marcoule (Gard) et les inquiétudes sur d’éventuelles fuites radioactives pointent une fois de plus les risques inhérents à la filière nucléaire, y compris dans le retraitement des déchets radioactifs. Et montrent qu’il n’y a pas que dans les centrales que peut se produire un accident pouvant déboucher sur une contamination.

Photo : source
Si l’industrie nucléaire française devait avoir sa capitale, Marcoule pourrait y prétendre. Le site nucléaire gardois, situé en face d’Orange, avec Avignon sous le vent, accueille toute la chaîne de l’industrie nucléaire : une usine de fabrication de combustible MOX à base de plutonium, exploitée par Areva ; un réacteur nucléaire expérimental à neutrons rapides du CEA (Commissariat à l’énergie atomique, principal actionnaire d’Areva) ; et un centre de traitement et de conditionnement de déchets nucléaires, exploité par une filiale d’EDF, la Socodei. Ces déchets sont ensuite destinés à être stockés et enfouis. C’est là, au sein du Centre de traitement et de conditionnement de déchets de faible activité (Centraco), que s’est produite une explosion, ce 12 septembre, tuant un employé et en blessant plusieurs autres.
« Selon les premières informations, il s’agit d’une explosion d’un four servant à fondre les déchets radioactifs métalliques de faible et très faible activité », explique un communiqué de l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN). L’usine compte un four à incinération et une « unité de fusion ». C’est dans cette seconde unité que l’explosion a eu lieu, comme le confirme le CEA qui indique « un four de fusion métallurgique ». Ce four prend en charge les déchets métalliques radioactifs issus de l’industrie nucléaire : « Des structures métalliques, des vannes, des pompes, des outils en inox, en acier ou en métaux non ferreux qui proviennent des opérations de maintenance ou de démantèlement des installations nucléaires », détaille le site web du centre de conditionnement. Les pièces radioactives y sont fondues « à une température variant entre 1 300 °C et 1 600 °C ». Puis assemblées en barres métalliques qui sont soit réutilisées dans l’industrie nucléaire soit expédiées vers un centre de stockage. Avec le démantèlement toujours en cours de Superphénix (Isère), de l’usine d’extraction du plutonium de Marcoule (UP1) ou de la centrale de Brennilis (Finistère), les fours ne doivent pas chômer (d’autant que le gouvernement a ouvert la voie au recyclage de ces déchets en dehors de l’industrie nucléaire, mais c’est une autre histoire).
Quels dangers de radioactivité ?
Existe-t-il des risques de fuites radioactives suite à l’explosion mortelle ? Tout dépend du type de déchets traités et, surtout, de la résistance ou non de l’enceinte du bâtiment abritant le four. Les communiqués du CEA et de l’ASN évoquent des déchets « faiblement radioactifs » et « très faiblement radioactifs ». Ils peuvent correspondre à plusieurs types de déchets, classés par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) en fonction de leur radioactivité et la durée de celle-ci. Les déchets « très faible activité » (TFA) et « faible et moyenne activité à vie courte » (FMA-VC) d’abord. Ils possèdent une période radioactive inférieure ou égale à 31 ans. Outils, fûts ou tuyauteries contaminés au Tritium, au Césium 137 ou au Cobalt 60 entrent dans cette catégorie. Les déchets « faible activité à vie longue » (FA-VL) ensuite, principalement issus des anciens réacteurs graphite-gaz exploités par EDF ou expérimentés par le CEA. Malgré leur « faible activité », l’Andra prend quelques précautions pour les stocker. Les « TFA » sont enterrés sous quelques mètres d’argile. Les « FMA » sont confinés dans des ouvrages « en béton armé de 25 mètres de côté et de 8 mètres de hauteur », fermés « par une dalle de béton dont l’étanchéité est assurée par un revêtement imperméable » puis recouverts d’une couche « argileuse définitive de plusieurs mètres d’épaisseur ».
Qu’en est-il de l’enceinte abritant le four à fusion ? L’explosion l’a-t-elle endommagée ? Le CEA assure que « le confinement de l’installation et la ventilation sont opérationnels ». Pour l’instant, selon l’exploitant de l’usine, « les mesures effectuées ne mettent pas en évidence de rejet radioactif à l’extérieur de l’installation  ». L’incendie qui s’est déclenché après l’explosion aurait été maîtrisé en trois quarts d’heure. Restent des doutes, que soulève le Réseau sortir du nucléaire : « Claude Guéant, notre ministre de l’Intérieur, affirme qu’il n’y aurait pas de fuite radioactive. L’explosion du four a-t-elle mis en cause l’intégrité du système de confinement du bâtiment et de filtration des éléments radioactifs ? Comment notre ministre peut-il affirmer qu’il n’y a aucune fuite ? Des mesures ont-elles été effectuées sur le site ? ». De leur côté, les experts indépendants de la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) ont placé « en vigilance accrue » leurs balises atmosphériques et aquatiques en aval de Marcoule. A 14h15, soit près de 2 heures après l’accident, aucune contamination n’avait été détectée.
« Devant le constat de lacunes dans la culture de sûreté au sein de l’installation Centraco, le directeur général de l’ASN a demandé à l’exploitant de définir et de mettre en œuvre des actions visant à améliorer la sûreté de l’exploitation ». C’était en 2010. L’usine Centraco, comme toutes les autres installations nucléaires, connaît régulièrement des dysfonctionnements et incidents techniques classés niveau 1 (panne du dispositif de contrôle des rejets gazeux, panne d’alarmes incendie, perte de l’alimentation électrique). Cette fois, l’accident devrait être classé niveau 2 ou 3, compte tenu de la mort d’un travailleur. Un nouvel avertissement, six mois après Fukushima ?
Ivan du Roy