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dimanche 18 décembre 2011

Fukushima: Accidents nucléaires et rejets radioactifs


CENTRALE NUCLEAIRE DE FUKUSHIMA DAIICHI
Accidents nucléaires et rejets radioactifs

 Partenariat CRIIRAD-ONG Japonaises : mise en place de moyens de contrôles radiologiques indépendants.

La CRIIRAD a accueilli du 9 au 12 août 2011 à Valence une délégation du CRMS (Citizen’s Radioactivity Measuring Station) afin de renforcer les liens de coopération mis en place depuis avril 2011 avec M Wataru Iwata (ONG Project 47 et CRMS). La visite a comporté des réunions de travail, formation aux techniques de mesure de radioactivité, réunion publique et conférence de presse.
Quelques unes des interventions médiatisées sont disponibles ci-dessous :

- Sujet de France 3 diffusé le 10 août 2011. Il traite de la formation organisée au laboratoire de la CRIIRAD
Voir la vidéo

Conférence de presse organisée à la CRIIRAD à Valence le 11 août 2011
Intervenants : M Wataru Iwata (CRMS) et Bruno Chareyron (CRIIRAD)

- Interview de Bruno Chareyron sur RCF diffusée le 16/08 (fichier audio - durée : 6:53 minutes)


 

- Sujets de M Lorrain Sénéchal diffusés sur France Inter, France Info et France Bleu Drôme Ardèche 
(fichiers audio - durée : 1:13 et 1:11)


 
 

- Sujet de Mme Emilie Nora diffusé sur Europe 1 (fichier audio - durée : 1:17 )


 JAPON : Accueil et formation à la CRIIRAD de représentants des associations japonaises CRMS (citizen's radioactivity monitoring station), et Réseau citoyen pour sauver les enfants de Fukushima. 16/08/2011 :
Intervention de Bruno Chareyron (Responsable du laboratoire) lors de la conférence de presse CRIIRAD du 11/08/2011 (Vidéo Youtube - 13 min) 
- Intervention de Wataru Iwata (CRMS) lors de la conférence de presse CRIIRAD du 11/08/2011(Vidéo Youtube - 18 min) 

JAPON : une contamination massive, qui s'étend bien au-delà de 80 km et qui va perdurer. 7/07/2011 
English version : 

- Extraits de la conférence CRIIRAD du 29 juin 2011, à Lyon : " L'impact des rejets de Fukushima Daiichi en France et au Japon"
Intervention de Bruno Chareyron concernant le volet "JAPON" (durée : 32 min)
Voir la vidéo : "Les Japonais n'ont pas été protégés de la contamination"

 JAPON : le laboratoire de la CRIIRAD est sur le terrain depuis le 24 mai.
Objectifs et premiers RDV publics.
 27/05/2011

 Communiqué du 30/03/2011 - 18h : Japon : des millions de personnes à la merci de la radioactivité

mercredi 14 décembre 2011

Le nucléaire : déverrouiller le débat


Christian BAUDELOT

Les appels à l’ouverture du débat démocratique sur le nucléaire en France se
multiplient.
Un ouvrage présente de façon claire, documentée et efficace les arguments
qui peuvent peser en faveur d’une transition énergétique.
Recensé :  Benjamin Dessus, Bernard Laponche,  En finir avec le nucléaire :  Pourquoi et
Comment ?, Éditions du Seuil, 2011, 170 p., 13€

Un livre qui tombe à pic. À l’heure où la question du nucléaire refait enfin surface
dans le débat politique, il est important d’y voir clair. Et surtout de dépasser le niveau
affligeant auquel les politiciens de gauche comme de droite cantonnent aujourd’hui le débat
sur une question vitale pour notre société, bien sûr, mais aussi pour celles de tous nos voisins,
les nuages radioactifs respectant rarement le tracé des frontières entre les États. Depuis des
décennies, le débat démocratique sur l’énergie nucléaire est verrouillé, l’intervention
citoyenne étouffée. Le domaine relève de la Raison d’État. Il est impossible et impensable de
renoncer au nucléaire en France : la poursuite à l’identique de la politique nucléaire actuelle
est inéluctable. Remettre en question ce dogme, c’est à la fois porter atteinte à la raison et à la
patrie. Les citoyens ont de moins en moins la parole sur les sujets de société qui les
concernent au premier chef.
Pourquoi sortir du nucléaire ?
Le grand mérite de Benjamin Dessus et de Bernard Laponche est d’offrir au citoyen
ordinaire, dans un style simple et compréhensible, un plaidoyer rationnel, argumenté et
solidement documenté en faveur de la sortie du nucléaire. Les cartes sont abattues dès la page
de couverture : En finir avec le nucléaire, mais le plus intéressant dans l’ouvrage ce n’est pas
le titre mais ce qu’annonce le sous-titre : Pourquoi et Comment ?2
Les deux auteurs sont des spécialistes reconnus des questions énergétiques. Ils ont
respectivement travaillé à l’Edf et au Commissariat à l’énergie atomique avant d’occuper l’un
et l’autre des postes de responsabilité à l’Agence française pour la maîtrise de l’énergie. Ils
publient depuis une vingtaine d’années des ouvrages et des articles sur les dimensions à la fois
technologiques et économiques de la question.
Les raisons d’en finir avec le nucléaire sont connues : elles ont trait à la protection de
l’espèce humaine et de la planète. Rien de moins. Des accidents graves se sont produits à
Three Miles Island, Tchernobyl et Fukushima. C’est une illusion de penser que le parc
nucléaire français se trouve sur le long terme à l’abri d’une catastrophe du même genre, voire
pire. D’autant que l’usage du mox comme combustible aggrave considérablement les risques.
À supposer qu’il ne s’en produise pas, la gestion des déchets nucléaires est loin d’être réglée,
sur le moyen, mais surtout sur le long terme. La propagation inconsidérée des technologies
nucléaires risque aussi d’accroître fortement les risques de conflit, chantage ou d’agression
nucléaire.
Les auteurs ne sont pas les premiers à le dire tant ce diagnostic est désormais une
évidence. Au point que nos voisins immédiats, l’Allemagne, l’Italie, la Suisse et la Belgique
ont renoncé ou sont en train de renoncer à une technologie comportant autant de risques pour
les générations d’aujourd’hui et de demain.
Mais l’essentiel de l’ouvrage n’est pas là. Il est dans la richesse de la documentation et
la pertinence de l’argumentation qui mettent à mal bien des certitudes établies. Entre autres
l’idée fréquemment martelée que la France est trop engagée dans le processus pour envisager
de sortir du nucléaire sans nous ramener à l’ère de la bougie. Une analyse serrée des coûts
montre en effet que le bilan économique et social d’un scénario de transition énergétique et de
sortie du nucléaire dans vingt ans est non seulement possible mais peut se révéler positif en
termes de lutte contre la précarité et pour l’emploi.
Beaucoup des arguments avancés par les thuriféraires du nucléaire se révèlent être de
purs mensonges, entre autres celui de l’indépendance énergétique que les centrales nucléaires
assureraient de façon durable à notre pays. Curieusement, les bilans énergétiques officiels
passent entièrement sous silence l’achat de l’uranium. Or cette matière nécessaire à la
production d’énergie nucléaire est entièrement importée. Nous dépendons dans ce domaine du 3
bon vouloir du Canada, du Niger et du Kazakhstan. Les scénarios de poursuite du nucléaire
offrent ainsi plus d’aléas économiques et financiers que les scénarios de sortie du nucléaire. Et
les coûts engendrés par la sortie ne sont pas nécessairement supérieurs à ceux d’un maintien
du statu quo.
Les atouts de la transition énergétique
Ce sont ces scénarios positifs, clairement exposés, qui constituent la partie la plus
neuve et la plus passionnante de l’ouvrage. Sans doute méritent-ils d’être discutés dans le
cadre d’un débat à la fois scientifique et démocratique. Mais l’essentiel est qu’ils sont
désormais mis à la portée  d’un large public, sous une forme compréhensible par tous avec
leurs avantages et leurs inconvénients, les premiers semblant de loin l’emporter. Pour les
auteurs, la transition énergétique repose sur trois principes d’action :
• La sobriété énergétique
• L’efficacité énergétique
• Le recours aux énergies renouvelables
Immense est encore en effet la marge de manœuvre constituée par les seules économies
d’énergie réalisables par des réductions de consommation d’électricité. Sans qu’on s’en soit
vraiment aperçu, depuis trente ans, la consommation d’énergie a diminué relativement dans
les pays européens : entre 1979 et 2007, la consommation d’énergie par habitant n’a augmenté
que de 6% alors que le produit intérieur brut par habitant a cru de 67 %. Ces économies
proviennent en partie des modifications structurelles des économies des pays européens mais
aussi de l’amélioration de l’efficacité énergétique, dans l’industrie et dans les bâtiments.
D’immenses marges de manœuvre restent encore ouvertes. L’Allemagne s’est engagée dans
cette voie depuis longtemps et les résultats sont là. Pas la France. Et pourtant ! En 1998, les
allemands consommaient la même quantité d’énergie domestique par habitant que les français
(950 kWh par habitant). Dix ans plus tard, ils en consomment autant et nous, 28 % de plus
(1230kWh par habitant). Cet écart de 28 % de plus s’explique par une volonté politique
allemande de maîtriser au mieux la consommation électrique des ménages par des politiques
incitatives auprès des producteurs d’appareils, des taxes énergie et CO2, etc.
Les auteurs imaginent, à la fin du livre, ce que représenterait concrètement pour notre
pays, année par année, un scénario de sortie du nucléaire à l’allemande. Scénario réaliste
donc. La fermeture successive des réacteurs choisis en fonction de leur état et construits de
1977 à 1985 ferait baisser la production nucléaire de 409 TWh en 2009 à 180 TWh en 2020. 4
Comment alors répondre aux besoins d’électricité de la population française en 2020 ? La
priorité doit être donnée aux économies d’électricité dans les différents secteurs dont le
résidentiel et le tertiaire qui représente à lui seul les deux tiers de la consommation électrique.
Une politique volontariste d’économie d’électricité pourrait ainsi permettre de faire chuter  le
besoin de production d’électricité en France, de 516 TWh en 2009, à 390 en 2020 et 340 en
2031, tout en maintenant le confort des français. Des économies de l’ordre de 50 % sont
possibles dans les domaines du chauffage domestique, de l’eau chaude sanitaire, du froid, de
l’éclairage privé et public ; de la climatisation, de la bureautique, de l’électroménager, en
particulier par une politique de rénovation thermique des bâtiments et une éradication
progressive des chauffages électriques.
Le second volet du scénario concerne le remplacement du nucléaire. Les projections
actuelles permettent de concevoir à l’horizon 2031 une production de 110 à 140 TWh
d’éolien, de 40 TWh d’électricité biomasse, de 50 à 70 TWh de voltaïque, 10 à 20 d’autres
renouvelables (géothermie, énergies marines, hydraulique… Bref, on pourrait y arriver ! Une
chose est sûre et les auteurs ont raison de le rappeler dans leur conclusion : le splendide
isolement de la France dans le domaine de l’énergie nucléaire risque de nous coûter très cher.
Publié dans laviedesidees.fr, le 13 décembre 2011
© laviedesidees.f

mercredi 7 décembre 2011

Enrayer l’engrenage pro-nucléaire


Bonjour,
Aujourd’hui, l’UMP lance une vaste campagne de propagande en faveur de l’atome, à coups de millions d’affiches et de tracts... et de centaines de milliers d’euros. La bataille électorale a commencé, et la sortie du nucléaire en est déjà l’un des principaux enjeux.
Sortir du nucléaire, c’est possible :
donnez-nous les moyens de faire entendre largement notre message !
Aujourd’hui, nous avons besoin d’au moins 3 000 dons de 30 € pour continuer à combattre le matraquage du lobby nucléaire. Indépendants de l’État à 100 %, nous sommes dépendants de vous. Sans votre soutien, nous ne pourrons pas agir.
Si vous êtes imposable, un don de 30 € ne vous coûtera en réalité que 10 €, puisqu’il est déductible de vos impôts à 66 %. Même plus modeste, votre don sera un grain de sable essentiel pour enrayer la machine nucléaire.
Nous comptons sur votre soutien. Merci infiniment !
Toute l’équipe du Réseau "Sortir du nucléaire"
Je souhaite vous envoyer un don sans utiliser PayPal
Le Réseau "Sortir du nucléaire", c'est plus de 900 associations,
55 000 membres, des milliers de militants actifs partout en France. Le Réseau, c'est chaque année :
  • de nombreuses mobilisations sur le terrain
  • des campagnes d'information pour sensibiliser le grand public
  • des actions juridiques pour entraver certains projets de l'industrie nucléaire et mettre fin à l'impunité des exploitants
  • un site web riche en informations, visité chaque jour par des milliers de personnes
  • une revue trimestrielle pour vous tenir au courant de l'actualité du nucléaire et des alternatives
… et bien d'autres choses encore !
Réseau "Sortir du nucléaire"
http://www.sortirdunucleaire.org
contact@sortirdunucleaire.fr
9 rue Dumenge - 69317 LYON cedex 04
Tél : 04 78 28 29 22

samedi 26 novembre 2011

Jeremy Rifkin, Nucléaire, France


En 2005, les centrales thermiques (essentiellement nucléaires) d'EDF ont consommé 42 milliards de mètres-cubes d'eau douce. Consommation eau douce, France:
- Electricité: 57%
- Eau potable 18%
- Irrigation (agriculture): 14%
- Industrie: 11%

  • Je suis convaincu! Par contre c'est mal traduit par endroits.
    1:03-politicians haven't caught up = les hommes politiques n'ont pas encore compris (et non "se faire avoir")
    1:28-which is the rationale for the renaissance of this industry = ce qui est le raisonnement derrière le renouveau du secteur (et non le contre-sens "ce qui est irrationnel")
    2:32-it's disgraceful = c'est honteux (et non "ça dérange")
    4:14-in thirty, fourty years = dans 30-40 ans (et non "dans 34 ans" :P)
    Fresh water = eau douce (pas eau potable).

Conférence de presse CRIIRAD / PROJECT 47 à Tokyo 1er juin 2011





La transcription conférence de presse tenue par M. Wataru Iwata (projet 47) et M. Bruno CHAREYRON
(CRIIRAD) au Japon National Press Club à Tokyo le 1er Juin, 2011.
http://www.youtube.com/watch?v=rkcT9ScUyhY
TN: les parenthèses ont été délibérément ajoutées pour amener des précisions au texte en raison de la particularité de
la langue parlée japonaise.
0 m - 1 m 20 s
1. Modérateur
Désolé pour vous faire attendre. Nous sommes ici aujourd'hui avec M. Bruno Chareyron, qui est en charge de la
CRIIRAD laboratoire, la Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité;
M. Chareyron présentera la CRIIRAD prochainement, l'organisation la CRIIRAD a été créée en France
après l'accident de Tchernobyl et est aujourd'hui de renommée internationale.
Mais d'abord, nous allons écouter M. Iwata de «Project 47», il va expliquer brièvement pourquoi ils
a invité la CRIIRAD.
1 m 20 s - 4 m 10 s
2. Intervention de M. Iwata
Mon nom est Iwata de "Project 47". Il s'agit d'un groupe d'action créée le 1er avril 2011. A cette époque,
un de nos membres a un peu d'essence à Miami-soma, et plusieurs autres dont moi-même,
étaient à Ishinomaki en tant que bénévoles équipés de compteurs Geiger. Quand nous sommes rentrés, nous sommes tous rencontrés à
Nihonmatsu pour un repas de travail; on voyait des gens là-bas qui faisaient leur quotidien propres
choses sans mesures de protection: aucune instruction confinement à domicile et aucune recommandation
ont été émises. Et pourtant, nous avons été en mesure d'établir avec nos instruments que la radiologie
situation n'était pas normale du tout. Comme la radioactivité est invisible, n'a pas d'odeur ou de couleur, ces personnes
tendaient à leur vie quotidienne comme d'habitude: c'est ainsi (nous avons réalisé l'importance de détenir ces
instruments et) nous avons décidé de créer ce groupe d'action.
Premièrement, nous avons commencé à chercher des dispositifs de comptage, mais nous n'avons pas trouvé pratiquement aucune au Japon.
Nous avons également contacté des distributeurs dans les Etats-Unis, l'Allemagne et la France, mais là encore, il
avait pas de stocks disponibles. Enfin, nous avons essayé d'obtenir une certaine part d'un ami qui était retourné en France,
et lui a demandé de regarder pour nous, ce qui l'a amené à contacter le CRIIRAD.
Nous avons expliqué notre mission à la CRIIRAD: l'Institut nous a prêté deux instruments de précision et d'une
douzaine de comptoirs portables. Avec cet équipement, nous avons ensuite allé à Fukushima vers la fin du
Avril et nous avons commencé à faire des mesures. Après nous avons commencé à envoyer les résultats de mesure à
l'CRIIRAD, nous avons inclus le long des opinions de la population.
Plus tard, le directeur général de la CRIIRAD, Bruno Chareyron est venu au Japon: il est ici depuis
24 mai et nous avons depuis lancé une campagne de mesure. 

Projet 47 : pour une meilleure information des Japonais en zone irradiée


La CRIIRAD nous a rejoint et nous la remercions pour son soutien, ses équipements, ses conseils, et ses méthodes scientifiques de mesure. Aujourd’hui, afin de poursuivre notre action, nous lançons un appel au monde entier. Nous avons besoin de votre aide et de votre soutien - pour notre futur et pour le vôtre. Rejoignez-nous afin que les gens sur place puissent, en toute connaissance de cause et avec les moyens qui leur sont nécessaires et dont ils ne disposent pas toujours, décider enfin de se protéger, d’évacuer, de migrer.

Depuis le 11 mars 2011, la situation au Japon est grave ; bien sûr, en raison du tremblement de terre et du tsunami ; mais surtout, et comme nul ne l’ignore, à cause du sérieux problème que pose aujourd’hui le désastre de la centrale atomique de Fukushima. Pris entre un désastre naturel et un désastre humain, nous avons attendu qu’en conséquence, le gouvernement mène des actions ambitieuses. Or, ce dernier est hors d’état de fonctionner et totalement hors de contrôle - ce qu’attestent les décisions insensées qu’il prend chaque jour.
Ainsi, et pour prendre un premier exemple, suite à la décision prise par l’agence de sûreté nucléaire du premier ministre, le ministère de l’éducation et de la science a remonté la limite d’exposition aux radiations à 20 millisievert par an. Cette limite concerne aussi bien les adultes que les enfants. En Allemagne, pour établir une comparaison, 20 millisievert par an est la limite d’exposition tolérée pour les travailleurs du nucléaire [1].
Cinq ans après l’accident de Tchernobyl, le gouvernement biélorusse a décidé de donner l’autorisation aux résidents d’évacuer des zones où la radioactivité atteignait 1 millisievert par an. Quant aux zones où étaient mesurés 5 millisievert par an, les résidents en étaient obligatoirement évacués [2] .
Revenons à la situation au Japon. Bien que les enfants soient plus sensibles que les adultes à la radioactivité et après que 1600 mesures ont été effectuées dans des jardins d’enfants, des crèches, des écoles élémentaires ou primaires, les pouvoirs publics ont demandé que les enfants demeurent dans des endroits contaminés. Voilà un second exemple du genre de décisions qui ont été prises au Japon récemment. Si on n’appelle pas cela de la pure folie, comment peut-on qualifier autrement de tels actes ?
Télévision, responsables gouvernementaux, politiciens et universitaires financés par l’industrie nucléaire continuent de dire : « c’est sans danger, c’est sans danger et c’est sans danger ». Ils ajoutent que les informations qui rendent compte de manière alarmiste d’un danger de contamination radioactive sont erronées, que ce sont des rumeurs nuisibles. Des rumeurs nuisibles ? Des informations erronées ? Nous savons pourtant, et sans aucun doute possible, que les radiations sont nocives.
Nous savons aussi, et sans aucun doute possible, que 20 millisievert est un seuil ne permettant pas de protéger la santé et la vie, particulièrement celles des enfants. Qui répand des rumeurs nocives ? Qui répand des informations erronées ? Qui émet chaque jour en continu 154 milliards de becquerels de radiation ?
Pour notre part, nous savons qui. Quant aux responsables gouvernementaux, politiciens, responsables de Tepco, gens de la télévision, universitaires financés par l’industrie nucléaire, qu’ils campent face à un miroir pour savoir qui.
À partir de la quantité totale de radiations dispersées entre le 11 mars et le 11 avril, on peut désormais affirmer, et sans aucun doute possible, que la quantité quotidienne de radiations reçues durant cette période est de l’ordre de 10.000 milliards à 20.000 milliards becquerels [3].
Nous en avons déjà plus qu’assez. Il nous faut maintenant faire face au simple énoncé des faits, nous organiser et prendre les décisions par nous-mêmes.

C’est pourquoi nous venons de créer le Projet 47 : afin que les gens accèdent à la bonne information et prennent conscience de ce qui est véritablement en train de se passer. 47 est le chiffre symbolique qui représente le nombre de départements au Japon. Ce projet ne concerne pas que les Japonais, mais s’adresse aussi à tous ceux qui vivent et continueront de vivre au Japon, à ceux qui, depuis le 11 mars 2011, doivent vivre avec les radiations. Les radiations ne discriminent personne. _ Pour elles, il n’y a ni race, ni nationalité, ni riche, ni pauvre, et elles n’ont certainement pas besoin d’un passeport ni d’un visa pour sortir de ce pays. Nous mesurerons et détecterons par nous-mêmes. Nous mettrons des instruments de mesure à la disposition de ceux qui vivent sur place afin qu’ils mesurent par eux-mêmes, qu’ils prennent connaissance, qu’ils voient l’invisible, qu’ils identifient la situation réelle, et qu’ils prennent la décision la meilleure, pour eux et pour nous tous. Le gouvernement japonais ne le fait pas. Nous, le peuple, nous le ferons.


La CRIIRAD nous a rejoint et nous la remercions pour son soutien, ses équipements, ses conseils, et ses méthodes scientifiques de mesure. Aujourd’hui, afin de poursuivre notre action, nous lançons un appel au monde entier. Nous avons besoin de votre aide et de votre soutien - pour notre futur et pour le vôtre. Rejoignez-nous afin que les gens sur place puissent, en toute connaissance de cause et avec les moyens qui leur sont nécessaires et dont ils ne disposent pas toujours, décider enfin de se protéger, d’évacuer, de migrer.


Wataru Iwata, Projet 47 _Siège de « Project 47 Indicators »
1802-1 Higashiide, Takanecho
Hokuto city, Yamanashi 408-0003
Tel : 0551-46-2359
Mobile : 080-5499-0612
Email : gauge47project@gmail.com
Contact international : 
Tel : 090-6193-0331
Email : wtr.comm@gmail.com
Institut français de recherche sur le Japon contemporain 
UMIFRE 19 CNRS-MAEE
Maison franco-japonaise
3-9-25 Ebisu Shibuya-ku Tokyo 150-0013 Japon
Tél : + 81-3-5421-7641
thierry.ribault@mfj.gr.jp
[1http://www.spiegel.de/wissenschaft/...
[2] Synopsis of legislative efforts and impact study of Belarus : Tetsuji Imanaka (Kyoto University nuclear reactor laboratory) Vladmir P. Matsuco (Belarus Science Academy・Radiation Biology Laboratory) http://www.rri.kyotou.ac.jp/NSRG/Ch...
[3] Nuclear and Industrial Safety Agency http://www.nisa.meti.go.jp/