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mardi 1 mai 2012

Le scandale étouffé de l'uranium appauvri.


Par zevengeur @ 2008-04-17 – 22:45:00

« Notre rôle n’est pas d’être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie. » Albert Londres

On sait depuis longtemps que certains agissements irresponsables de l'homme hypothèquent très fortement le futur de la planète, ce n'est pas un scoop.

On pense par exemple aux rejets de CO2 issus des hydrocarbures qui provoquent un réchauffement général annonciateur de cataclysmes à venir ou à la culture à grande échelle sous la pression des lobbies des semences OGM qui viennent cancériser la biodiversité naturelle et transformer les agriculteurs en laquais des lobbies biotech, cultures dont la toxicité sur l'homme est de plus avérée.

Une autre grande menace très peu médiatisée pour l'instant pèse sur cette terre, il s'agit de la dissémination de l'uranium appauvri qui fait suite à son utilisation militaire sans limites en particulier par l'armée des États Unis.

Vous allez tout savoir sur le sujet, attachez votre ceinture c'est parti !

Commençons par le commencement....

De quoi est constitué l'univers ?
Vous souvenez vous de vos cours de physique au lycée ?
Chaque atome de matière est constitué de 3 composants :
- des protons et des neutrons qui sont liés et qui constituent le noyau de l'atome
- des électrons qui tournent autour du noyau

L'univers matériel est constitué à partir de seulement 90 éléments de base que l'on trouve à l'état naturel.
Ces éléments sont classés dans le célèbre tableau périodique de Mendeleïev :


Ce qui distingue ces éléments les uns des autres est le nombre de protons constituant leur noyau atomique, le plus léger l'hélium possède 1 proton et le plus lourd l'uranium en possède 92, ceux qui vont au delà de 92 ne sont pas stables.
Un élément donné peut présenter différentes variantes qui sont appelés des isotopes, nous ne rentrerons pas dans des détails trop techniques ici, les isotopes d'un atome diffèrent seulement par leur nombre de neutrons et d'électrons, le nombre de protons restant constant.
Les isotopes de par leur déséquilibre en nombre de particules sont fréquemment radioactifs, mais nous y reviendrons.

Le cas de l'uranium
Dans la nature, on trouve des gisements d'uranium à l'état naturel mais la teneur en uranium de ces gisements est de quelques kilogrammes par tonne de minerai extrait, la radioactivité est donc faible.
Cependant l'extraction de ce minerai dégage des poussières très dangereuses pour les mineurs en cas d'inhalation.
Voir ce rapport du Criirad (format PDF) concernant les méfaits au Niger de la Cogema qui exploite les mines d'uranium.

Composition du minerai extrait des mines :


Après l'extraction du minerai, la première opération consiste à concentrer l'uranium de ce dernier pour obtenir un corps appelé "yellow cake" constitué de 75% d'uranium pur environ, la radioactivité commence cette fois à devenir très dangereuse dans certaines conditions.




Composition du "Yellow cake" :
L'uranium pur est constitué de 2 isotopes dans une proportion de 99.28% d'Uranium 238 et 0.71% d'uranium 235.
L'uranium 235 (U235) est très fortement radioactif, on ne peut pas le manipuler manuellement, l'U238 est beaucoup moins radioactif mais pour autant il s'agit d'un matériau qui est très loin d'être inoffensif.

La radioactivité et ses effets sur la cellule
La radioactivité découverte par Becquerel est produite par la désintégration des noyaux atomiques qui éjecte des protons et des rayonnements à l'extérieur de la matière.
Au bout d'une certaine durée appelée période, la radioactivité d'un bloc de matière est diminuée de moitié.
Au bout de 2 périodes, la radioactivité est donc passée au 1/4 de sa valeur initiale.
Ces protons et ce rayonnement peuvent être très dangereux pour l'être humain en fonction de leur niveau d'émission et de la durée d'exposition.
En particulier, un proton éjecté peut traverser une cellule vivante située à courte distance en la perçant comme un baudruche ou pire atteindre l'ADN du noyau.
Cette cellule peut alors mourir ou être altérée génétiquement pouvant conduire à des cas de cancer ou des malformations s'il s'agit d'une cellule de l'embryon.

Effets sur l'être humain.
Une personne soumise à de fortes doses de radiations peut décéder très rapidement sous l'effet de la mort d'un trop grand nombre de ses cellules (Hiroshima).
Si par contre la victime ne meurt pas rapidement, les effets les plus graves sur le corps humain vont de l'apparition de cancers pouvant se déclarer plusieurs années après, ou l'induction de malformations chez les nouveaux nés dans le cas de femmes enceintes ayant inhalé ou avalé des poussières toxiques stockées par l'organisme sur le long terme.

Uranium enrichi et uranium appauvri
L'enrichissement de l'uranium consiste à augmenter le taux d'U235 dans le produit fini.

Un Uranium enrichi avec un taux de 5 à 10% dans le produit final est utilisé comme combustible des centrales nucléaires.

Uranium enrichi pour les centrales nucléaires :
Il est également utilisé dans les bombes atomiques à fission nucléaire avec un taux d'enrichissement de 90% environ.










Uranium enrichi pour les bombes A :
L'une des techniques d'enrichissement consiste à séparer l'U235 et l'U238 à l'aide des fameuses centrifugeuses dont on parle beaucoup actuellement au sujet de l'Iran.
Après passage dans les centrifugeuses, on obtient d'un coté l'uranium enrichi à forte teneur en U235 qui sera utilisé et de l'autre coté un déchet appelé "Uranium appauvri" constitué à 99.7% d'U238 qui sera mis de coté.
Les pays qui ont une industrie d'enrichissement de l'uranium ont donc d'importants stocks d'uranium appauvri non utilisé (USA, France, Grande Bretagne).

Résidu = Uranium appauvri :
Le point important est de noter que l'uranium appauvri n'est que 20% moins radioactif que l'uranium naturel concentré (Yellow Cake).

La période de l'uranium 238 est de 4.5 Milliards d'années, à chaque seconde 1 Kg d’UA est le siège de 40 millions de désintégrations nucléaires.
La durée pour transformer l'uranium appauvri en un corps inerte se chiffe donc en dizaines de milliards d'années !

Intérêt militaire de l'uranium appauvri
Depuis environ 20 ans, l'industrie militaire a découvert un grand intérêt tactique à l'utilisation de l'uranium appauvri dans les projectiles.
En effet, un obus renforcé à l'uranium appauvri possède une force de pénétration des blindages sans équivalent.

Voilà à quoi cela ressemble :


Obus perforant US M829 ; la flèche (en blanc) est composée d’un alliage d’uranium.

Le principe d'utilisation est donc le suivant :
le projectile est lancé à grande vitesse contre le blindé ou le bunker ennemi, la pointe renforcée en uranium appauvri perce le blindage grâce à son énergie cinétique puis l'obus explose à l'intérieur où se trouvent les occupants et les munitions, on imagine le résultat...

On trouve bien entendu toute la gamme de munitions depuis les cartouches gros calibres en passant par les obus puis les missiles.


L'avion A10 tueur de chars
Le célèbre avion avion A10 Thunderbolt "tueur de chars" possède une mitrailleuse gatling chargée d'obus à l'uranium appauvri qui a une cadence de tir de 3800 coups à la minute, en voici une vidéo promotionnelle :
Traduction de la vidéo YouTube :
Le Fairchild-République A-10 Thunderbolt II est un monoplace, biréacteur moteur conçu pour fournir un appui aérien rapproché (CAS) des forces terrestres par des chars d'assaut, véhicules blindés, et d'autres cibles au sol. Comme une mission secondaire, il fournit l'air de contrôle aérien avancé, guidage des aéronefs autre attaque contre des cibles terrestres. Il est le premier avion US Air Force conçu exclusivement pour l'appui aérien rapproché (CAS) des forces terrestres. Le surnom officiel vient de la P-47 Thunderbolt de la Seconde Guerre mondiale, un avion qui a été particulièrement efficace à la mission CAS. Cependant, le 10 A-est plus communément connu sous le nom Warthog ou tout simplement du porc. Dans l'inventaire USAF, de la même cellule est également désigné OA-10 lorsqu'il est utilisé principalement dans un rôle de contrôle aérien avancé.
Remarquez bien la quantité de poussière dégagée lors de la destruction d'un blindé, les obus sont vaporisés en très fines particules sous l'effet pyrophore de l'uranium qui prend feu spontanément dès lors où il est divisé en très fines particules.

Et bien entendu, toute la zone au voisinage des impacts se retrouve fortement polluée à l'uranium qui va pénétrer dans le sol, de plus et il est important de le noter, la poussière radioactive sous forme d'aérosol peut stagner dans l'air avant d'être transportée par les vents et les courants.
Ces aérosols peuvent donc être inhalées ou avalées des jours, des semaines ou des années plus tard et pas forcément au voisinage d'une carcasse de blindé détruite.

Les armes à uranium appauvri ont été utilisées sur plusieurs champs de bataille comme l'Irak, l'Afghanistan et le Kosovo.

Irak
Le porte-parole de l'armée US Eric Daxon admet qu'environ 940 000 obus ont été tirés lors de la guerre du golfe correspondant à environ 300 tonnes d'uranium appauvri.
Cet uranium a été vaporisé en très fines particules radioactives.

Ces particules ont d'abord pollué le champ de bataille puis ont traversé le sol pour atteindre les nappes phréatiques.
D'autres particules se sont ensuite dispersées à grande distance sous l'effet des vents ascendants puis des pluies radioactives sont venues les renvoyer au sol.

La présence d'uranium appauvri a même été détectée en Grande Bretagne avec des taux mesurés jusqu'à 300% de la normale 9 jours après les bombardements, la France a heureusement été épargnée car on sait depuis Tchernobyl que les nuages radioactifs ne traversent pas nos frontières !

Les personnes vivant dans les zones polluées ont alors été contaminées en respirant l'air chargé de poussières et en buvant de l'eau polluée par des particules d'uranium, l'aspect ironique de l'histoire est que ces particules ne font pas la différence entre les Irakiens et les soldats américains de la force d'invasion, ces derniers ont donc présenté ce que l'on a appelé pudiquement le syndrome de la guerre du golfe.

Effets constatés sur les populations
Les effets constatés sur les populations sont les suivants :
- multiplication par 10 des taux de cancers sur plusieurs années
- apparitions de cancers doubles ou triples dont certains inconnus
- très graves malformations chez des enfants dont la mère a été exposée aux poussières d'uranium appauvri (multiplication du nombre de cas par 30)

Sur 500 000 soldats US ayant participé à la guerre du golfe plus de 250 000 ont eu besoin de soins médicaux.
Les taux de cancer ont également explosé dans cette population et de nombreux cas de malformations similaires à ceux de l'Irak ont été constatés chez des enfants de soldats US conçus bien entendu après leur retour.

Taux de cancers dans la région de Bassora qui a subit de nombreux bombardements par des armes à l'uranium :

C'est arrivé près de chez vous
Voilà des images de bébés irakiens mal formés dont l'ADN des cellules de l'embryon a été touché par la radioactivité des poussières ingérées et stockées par la mère, attention, ces images sont dures à regarder :
http://www.xs4all.nl/~stgvisie/VISIE/extremedeformities.html
Vous remarquerez que l'un des clichés concerne un bébé naméricain né sans bras issu d'un père vétéran de la guerre du golfe.

CONCLUSION
Voici la chaine "ali-mort-aire" de l'uranium entre son extraction et ses effets finaux :
Les données scientifiques ainsi que les faits résumés ici démontrent amplement les terribles effets induits par l'utilisation des armes à l'uranium sur les populations civiles.
Par ailleurs, les sols et les nappes phréatiques dans les zones de guerre sont pollués ad vitam eternam par les matières radioactives.

Il faudra bien qu'un jour, dans un an, dans 10 ans ou dans 1 siècle que les crimes de guerre avérés, doublés de crimes contre l'humanité avérés également perpétrés par les américains, soient au même titre que ceux commis par les nazis, jugés et reconnus comme tels dans les livres d'histoire à défaut d'être punis.

Voilà, je laisse le lecteur conclure lui même sur cette étude réalisée en lieu et place des journalistes d'investigations, métier qui n'existe plus depuis bien longtemps dans les médias.
Mais il faut bien que quelqu'un s'en occupe !

J'ai oublié de préciser que l'armée française possède également des munitions à l'uranium appauvri...

Voici donc l’excellent reportage : Le scandale des armes a l'Uranium appauvri.



Source : http://french-revolution-2.blog.fr/2008/04/17/et-un-scandale-de-plus-l-uranium-appauvr-4012799/

jeudi 9 février 2012

Fukushima : il se bat pour ne pas laisser mourir ses vaches irradiées



Alissa Descotes-Toyosaki
journaliste
Publié le 31/01/2012 à 06h04

Au Japon, l'accident nucléaire de la centrale Fukushima a contraint les habitants dans un périmètre de 10 km autour de la centrale nucléaire de quitter leur habitations pour qu'ils ne soient pas contaminés par les évaporations et fuites radioactives. Ainsi, plusieurs fermes voisines de la centrale ont été abandonnées par leurs habitants, laissant de nombreux troupeaux d'animaux seuls. Beaucoup de ces bétails meurent à cause de la famine, car personne n'a le droit de venir les  nourrir.




(De Tokyo) En ce vendredi 27 janvier, une fanfare joue devant la tente antinucléaire de Kasumigaseki. Il y a deux jours, un ordre d'expulsion a été envoyé par le ministère de l'Economie, mais personne n'y croit vraiment.

Alors que l'heure de pointe approche et que les fonctionnaires du ministère investissent le carrefour en même temps que 600 activistes antinucléaires, on entend une voix qui crie à s'en arracher les poumons :

« Ce combat contre le nucléaire, il faut le mener de front ! Je ne tolèrerai pas qu'on règle le problème en tuant mes vaches ! »

On aperçoit un petit van noir couvert de banderoles avec un haut-parleur qui tourne autour du rond-point. L'homme est tellement en colère qu'il surpasse en décibel tous les autres. C'est un éleveur de la région de Fukushima, et ses 330 vaches sont irradiées.

« On a tous évacué de la ville de Namie, à 14 km de la centrale, tout de suite après la première explosion, les éleveurs ont dû jeter tout le lait et fuir leur ferme en abandonnant leurs bêtes. Elles n'avaient plus aucune valeur économique mais était-ce une raison pour les laisser mourir de faim ? »

« J'ai décidé de ne pas laisser mourir mes animaux »

Masami Yoshizawa reprend sont souffle. Il a le regard d'un homme qui a vécu l'enfer :

« Je suis né à Chiba, près de Tokyo, mais cela fait ouze ans que j'ai un élevage de vaches à Namie. Le 18 mars, une semaine après l'accident nucléaire, j'ai décidé de retourner à ma ferme en emmenant de la paille de soja pour nourrir mes bêtes. »

En mai 2011, l'administration Kan a signé l'ordre de se débarrasser de tous les animaux restés dans la zone d'exclusion des 20 km. Un ordre approuvé par les éleveurs, sauf une poignée de réfractaires comme M. Yoshizawa :

« A cause de cet accident nucléaire, nous avons tout perdu. J'habite moi-même dans un logement provisoire à Nihonmatsu, à 45 km de la centrale, et je me fais irradier quotidiennement.

Les éleveurs du périmètre interdit ont été confrontés à un choix terrible, à savoir choisir entre leur propre vie et celle de leurs bêtes. Moi je n'ai pas de famille et j'ai décidé de ne pas laisser mourir mes animaux.

A présent, cela fait dix mois et mes 330 vaches paissent tranquillement dans les prés. Je demande au gouvernement de trouver une solution pour ces animaux. Pas de mort par abandon ni par euthanasie, mais une troisième solution. »

La Ferme de l'espoir

M. Yoshizawa a présenté une requête au ministère de l'Agriculture pour demander qu'on laisse en vie les animaux du périmètre d'exclusion et a crée un projet, la Ferme de l'espoir, qui recueille les animaux irradiés et les nourrit.

« J'ai demandé à ce qu'on fasse venir des chercheurs, des professeurs d'université pour trouver une solution. Nous voulons avoir une étude sur la décontamination du sol, la quantité de césium, et trouver un moyen d'utiliser nos vaches à des fins utiles, pour étudier la radioactivité. »

Armé de sa camionnette immatriculée Fukushima et de l'énergie du désespoir, M. Yoshizawa a pu réunir d'importantes donations pour acheter le pâturage nécessaire.

« Cela fait plus de dix fois que je viens à Tokyo. Je me poste devant le carrefour de Shibuya aux heures d'affluence avec ma camionnette. Il y a beaucoup de gens qui pleurent. »

« Plutôt mourir que laisser mourir »

Aujourd'hui, Mr Yoshizawa est venu encourager le sitting des tentes de Kasumigaseki :

« Notre région est devenue un véritable Tchernobyl. Si on ne fait pas quelque chose contre le redémarrage de la centrale de Hamaoka, c'est Tokyo qui va devenir un “no man's land” ! »

La capitale nippone est située à peu près à 200 km de la centrale de Fukushima au nord et celle de Hamaoka au sud. Une situation rendue encore plus alarmante par l'activité sismique de ces derniers mois.

« Le 17 mars, après la triple explosion des réacteurs, je suis retourné à Namie en me disant que c'était la dernière fois que je revoyais ma ferme. J'ai bombé le mur avec un spray noir avant d'aller au siège de Tepco. L'inscription y est toujours et ma volonté aussi : “Plutôt mourir que laisser mourir.” »

De l'autre côté du carrefour, on entend les slogans des antinucléaires monter dans la nuit. Il n'y aura pas d'expulsion aujourd'hui mais tant que les questions de l'évacuation de Fukushima et de l'arrêt complet des réacteurs ne sont pas réglée, il n'y aura pas de paix dans l'archipel.

mercredi 18 janvier 2012

Flamanville, écartez les enfants !


La centrale de Flamanville (ici l’EPR en construction) comme les autres centrales nucléaires françaises, serait source de risque sanitaire pour les enfants vivant à proximité


Les enfants qui vivent à proximité des centrales nucléaires sont plus exposés au risque d’être atteints d’un cancer.

Vivre à proximité d’une centrale nucléaire présentet- il des risques pour la santé ? Pendant longtemps, cette question avait reçu peu de réponses satisfaisantes ou du moins convaincantes. Sauf de la part des exploitants de ces installations, qui ont toujours affirmé que ce voisinage ne présentait aucun danger d’ordre sanitaire.

C’est d’ailleurs pourquoi lorsque Jean-François Viel, professeur de médecine à la faculté de Besançon, a publié au milieu des années 1990 une étude faisant état d’un excès de leucémies et de cancers infantiles autour de l’établissement Areva (alors Cogéma) de La Hague, il a essuyé un feu nourri de très violentes critiques. A la mesure de la tempête qu’il avait soulevée. En cause : les méthodes statistiques employées et une population étudiée considérée comme insuffisamment nombreuse et pas assez représentative.

“Les centrales ne sont pas des parcs d’attraction’’

Aujourd’hui le scientifique doit éprouver un profond sentiment de revanche au vu des résultats d’une nouvelle étude, parue le 5 janvier dans une revue médicale de référence, “l’International Journal of Cancer”. Cette étude confirme la réalité et le sérieux du “lièvre” qu’avait soulevé le professeur Viel. Menée de 2002 à 2007 autour de 19 centrales nucléaires françaises, dont celle de Flamanville, par une équipe de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale), de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), et du centre anticancéreux de Villejuif, ce que l’étude montre n’est malheureusement pas très rassurant. Elle révèle ainsi un doublement de la fréquence d’apparition des leucémies infantiles chez les enfants de moins de 15 ans vivant à proximité des centrales nucléaires, c’est-à-dire dans un rayon de 5 kilomètres. L’augmentation représente même 2,2 fois cette fréquence chez les enfants de moins de 5 ans.

Signal sanitaire important

L’étude, d’une rigueur scientifique incontestable, est d’autant plus sérieuse qu’elle utilise une technique appelée géocodage, beaucoup plus fine que celle appliquée dans les travaux précédents. En clair, plutôt que d’étudier une commune dans son ensemble, les scientifiques ont observé les cas de leucémie, rue par rue, en fonction de leur éloignement de la centrale.

L’association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest, l’Acro, observe que “ces mêmes équipes, dans une étude semblable menée de 1990 à 2001 avaient conclu à l’absence d’augmentation du risque de leucémies autour des sites nucléaires français”.

Ces résultats vont non seulement dans le sens de ceux obtenus par Jean-François Viel, mais encore dans celui des résultats d’autres études menées dans le passé autour de sites nucléaires britanniques et allemands, dans ce dernier cas par le registre des cancers de Mayence. Pour Jean-Pierre Minne, membre du réseau “Sortir du nucléaire”, si l’étude qui vient d’être publiée mérite sûrement un satisfecit, en revanche il trouve “curieux que l’IRSN n’établisse pas de relation avec la radioactivité présente dans l’environnement des centrales nucléaires : ce ne sont pourtant pas des parcs d’attraction !”

De son côté, l’ACRO estime que les autorités “doivent prendre en compte ce nouveau signal sanitaire important.” Et l’association de plaider pour un élargissement de l’étude à l’ensemble des installations nucléaires et non plus aux seuls réacteurs et au-delà pour des études d’envergure internationale.

EDF Flamanville : le plein d’activité

L’année 2011 a été pour le chantier EPR de Flamanville une “année charnière”. 2012 sera une “année de concrétisation”. Celle qui consistera, petit à petit, à “remplir les boîtes” de câbles, de conduites, de réseaux et de matériels divers. L’électromécanique prend ainsi le pas sur le gros oeuvre et le génie civil. Cette année, 3 600 personnes ont oeuvré sur le chantier. 5 millions d’heures de travail seront programmées en 2012 sur un site qui a déjà nécessité 16 millions d’heures depuis son ouverture. La pose du dôme du réacteur se fera dans le courant de l’été prochain.

Parallèlement, 60 000 heures de formation ont été apportées aux 350 futurs exploitants du nouveau réacteur. Une équipe qui en attendant la mise en marche de l’EPR prévue pour 2016, est en partie envoyée dans les différentes centrales de France pour acquérir de l’expérience. Des échanges sont aussi en cours avec le chantier des deux EPR en cours de construction en Chine, mais aussi en Grande- Bretagne où sera également construit un réacteur de cette même famille.

900 jours de production

Concernant les réacteurs 1 et 2 de la centrale EDF de Flamanville, là encore l’activité bat son plein puisque les deux réacteurs mis en service en 1986 et 1987 enregistrent aujourd’hui la meilleure performance du parc nucléaire français. Soit 900 jours de fonctionnement sans interruption et une disponibilité de plus de 85 %. Ils ont ainsi produit à eux seuls, 18 milliards de kilowatt/heure soit 4 % de la production nationale d’électricité.

EDF Flamanville précise que ses rejets sont “nettement inférieurs” à la limite annuelle autorisée. Qu’il s’agisse du tritium (19 % de la limite annuelle dans l’air et 79 % dans la mer) des gaz rares, (4,4 %) ou encore de l’iode (19 %).

Eoliennes marines : résultat des courses à la mi-avril

Afin de doter la France à l’horizon 2020 de 1 200 éoliennes marines représentant une puissance électrique installée de 6 000 mégawatts, le gouvernement a lancé le 12 juillet 2011 un appel d’offres portant sur une première tranche de 600 machines et 3 000 mégawatts. Ces dernières doivent être implantées sur cinq sites au large des côtes de la Manche et de l’Atlantique : Le Tréport (150 éoliennes), Fécamp (100 éoliennes), Courseulles-sur-Mer (100 éoliennes), la baie de Saint-Brieuc (100 éoliennes), et l’estuaire de la Loire à Saint-Nazaire (150 éoliennes).

Deux fois 500 personnes

Globalement, ce projet représente un investissement de 10 milliards d’euros avec de 6 000 à 8 000 emplois à la clé. Mercredi 11 janvier, date limite pour le dépôt des candidatures, trois consortiums industriels emmenés par EDF énergies nouvelles, GDF Suez et l’espagnol Iberdrola, avaient déposé des dossiers.

Aux côtés du premier se trouvent Alstom, Don Energy, WPD Offshore, et Nass and Wind offshore. Il intéresse la Basse-Normandie car Alstom a choisi Cherbourg, en plus de Saint-Nazaire, pour implanter les unités de production, qui emploieraient 500 personnes dans chacun de ces deux ports. GDF Suez, lui, conduit deux consortiums, l’un avec Vinci et Areva, qui a exprimé sa préférence pour Le Havre, l’autre avec Siemens et Vinci. Enfin dans le consortium d’Iberdrola se trouvent Areva, Eole-res, Neoen marine et Technip.

Le choix du gouvernement sera rendu public à la mi-avril 2012. Il se fera à partir de trois critères : le prix du projet, ses répercussions industrielles, et l’environnement du site. Après quoi interviendra le lancement du second appel d’offres, identique au premier.

Publié par C.B le 18/01/2012 à 10h45

dimanche 18 décembre 2011

Fukushima: Un désastre sanitaire en cours. 4956 Travailleurs contaminés par les particules radioactives


                      Médias photo originale basique libre de droit disponible en Très Haute Définition : "Next-up organisation en démo de sensibilisation NBC"

Fukushima Révélations : Un désastre sanitaire en cours.
4956 Travailleurs contaminés par les particules radioactives
sur seulement 10 % des travailleurs qui ont été contrôlés pour une contamination interne.
Décidément il ne se passe pas un jour sans une mauvaise nouvelle qui révèle l’ampleur du désastre environnemental et
sanitaire de Fukushima qui commence à émerger, ceci malgré les communiqués récurrents rassurants, voire irréels de l’ASN.
A la différence de Tchernobyl, le prévaricateur M. Repacholi (OMS-AIEA) ne pourra pas faire passer pour perte négligeable
et "liquider" dans les stats les travailleurs liquidateurs de Fukushima, internet n’existait pas en 1986 !
La contamination interne par les particules de la population : un sujet tabou.
The Mainichi Daily News et le Yomiuri Shimbun  viennent de publier pour la première fois
près de deux mois après le début de la crise un article sur un sujet très sensible dont les
autorités voulaient garder le secret : c’est le fougueux et jeune député Mito Kakizawa
qui, en pleine séance de commission du parlement, a posé à Terasaka Nobuaki directeur
de l’Agence de Sûreté Nucléaire et Industrielle une question piège et pertinente sur le
nombre de travailleurs qui, suite aux premiers contrôles médicaux à la préfecture de
Fukushima, ont été déclarés positifs à une contamination interne par les particules.
La réponse de Terasaka Nobuaki fait froid dans le dos et ne laisse rien présager de bon
sur la suite de la campagne des contrôles médicaux de dépistage de la contamination
interne, non seulement des travailleurs, mais aussi de la population.
"Il y a un total de 4956 cas de travailleurs souffrant d’irradiations suite à une
contamination interne pour le parc des centrales nucléaires du pays et 4.766 d'entre eux
sont des travailleurs de la centrale nucléaire de Fukushima n°1. Ces chiffres ont été
détectés lors des contrôles médicaux qui ont été réalisés à la préfecture après la crise
nucléaire" a déclaré Nobuaki.
Le Yomiuri Shimbun détaille la réponse de Terasaka Nobuaki qui rajoute une donnée
essentielle :" seulement 10 pour cent des travailleurs ont été testés pour l'exposition aux
rayonnements internes provoquée par l'inhalation ou ingestion de substances
radioactives, ceci en raison d'une pénurie d’appareil  de contrôle  disponible."
Le Yomiuri Shimbun rapporte aussi "qu’un certain nombre de personnes travaillant pour
surmonter la crise nucléaire à Fukushima Daiichi sont de plus en plus alarmées par
l'absence de tests d'exposition interne. Beaucoup de ces professionnels du nucléaire
pensent qu’ils ont été contaminés en interne par les particules radioactives non pas par
inhalation (masque avec filtre oblige), mais par l’intermédiaire de la nourriture ou de la
boisson consommée in situ. Il n’en reste pas moins qu’ils sont très inquiets pour leur
devenir, car cette irradiation interne se rajoute à la dose légale d’exposition aux
radiations qui a été portée  de 100 à 250 mSv exclusivement pour les travailleurs  de
Fukushima Daiichi"
Mito Kakizawa, député
Terasaka Nobuaki directeur de l’Agence de
Sûreté Nucléaire et Industrielle du Japon.
TEPCO a déclaré qu’il n’y a que 3 appareils de contrôle du corps entier à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi,
mais qu’en raison des niveaux élevés des rayonnements elle se trouvait dans l’impossibilité d’utiliser ces appareils.
Le Ministère de la santé, du travail et des Affaires Sociales a demandé à TEPCO  de réaliser plus de contrôles.
TEPCO a répondu qu’elle allait augmenter le chiffre d’appareils à 14 et porter la fréquence de passage des travailleurs à un
tous les trois mois.Concrètement, avec du recul il est possible de mieux comprendre et de réaliser des extrapolations qui risquent fort de
révéler un désastre sanitaire humain inégalé.
En effet si globalement 10 % des travailleurs du nucléaire au Japon ont été contrôlés, mathématiquement parlant le chiffre
des personnes contaminées ne peut que forcément fortement augmenter, même dans l’hypothèse ou cette augmentation ne serait pas proportionnelle avec les autres travailleurs du nucléaire.
Les travailleurs contaminés sont peut être "l’arbre qui cache la forêt", en effet la  masse la plus importante des personnes contaminées serait à venir, elle concerne la population qui va payer très cher les atermoiements des autorités concernant les ordres d’évacuation des zones contaminées qui auraient dû être pris immédiatement et non pas avec un retard scandaleux de plusieurs jours que nous connaissons pour la première zone d’exclusion et plusieurs semaines pour les suivantes.
Révélations, tsunami et nucléaire :
Les autorités aux cœurs de scandales
En conséquence sans aucune protection et consigne de sécurité pendant plusieurs jours, il est tout à fait plausible que des dizaines de milliers de personnes, voire plus soient contaminées, d’ailleurs sans le savoir, ceci en l’absence de mesures de dépistages de la contamination interne par les particules.
Les radionucléides des particules de Fukushima sont divers et toxiques, même dans le cas le plus "favorable" (thyroïde) d’une contamination interne avec l’iode 131 qui a une courte durée de demi-vie (8 jours), tous les autres contaminants sont sans appel d’une très grande toxicité sur le cours et le moyen terme.
La mesure de la valeur de la contamination radioactive interne : le taux de comptage.
La contamination radioactive interne se mesure par le taux de comptage dit cpm (coups
par minute – count per minute) qui indique la quantité de désintégrations qui ont lieu par
minute, c’est la principale mesure qui est donnée par un compteur Geiger, avec en
principe la possibilité de l’affichage automatique d’une conversion du taux de comptage
en débit de dose absorbée en mSv/h ou µSv/h.
- Un niveau normal du taux de comptage se situe entre quelques centaines à 1.000  cpm.
- Une personne est considérée contaminée si sa mesure de radiation interne est
supérieure à 1.500 cpm.
- Terasaka Nobuaki directeur de l’Agence de Sûreté Nucléaire et Industrielle a révélé que
dans la majorité des cas des travailleurs de Fukushima le niveau de la contamination
interne par les particules est de 1.500 cpm ou supérieur à ΔT et dans le cas de l’iode 131
(rayonnements γ et électromagnétiques β) elle décroît rapidement en quelques jours.
Contrôle du corps entier.
Photo : Agence de Sûreté Nucléaire et
Industrielle du Japon.
Nobuaki  a aussi donné une information majeure : Il a été constaté que 1193 travailleurs avaient des niveaux de contamination radioactive interne supérieure à 10.000 cpm, soit en correspondance 100 µS/h  ≈ 100x24x364 = 873 mSv/an ! [Monographie des valeurs et des effets sanitaires de l’exposition cumulative aux radiations]
- Si la valeur de la contamination interne est supérieure à 6.000 cpm une décontamination est considérée comme "vitale".
Ne pouvant respecter ces valeurs dans le cas de la méga catastrophe nucléaire de Fukushima le Gouvernement Japonais sur
"conseils des experts" de l’AIEA a relevé le 21 mars 2011 ce seuil d’irradiation interne de 6 000 cpm à 100 000 cpm !
Cette décision de circonstance est un aveu d’échec face à la réalité, mais c’est aussi un scandale sanitaire qui va être lourd de conséquences pour le devenir de la population, notamment les malades, enfants, personnes âgées, etc …
[Kyodo News : Traces de substances radioactives détectées dans l’eau de 9 préfectures – utiliser un traducteur électronique]
The Mainichi Daily News rajoute qu’ayant conscience de ce problème et en réponse à la forte contamination d’une vaste zone  par les particules radioactives "les autorités Gouvernementales de santé de la préfecture de Fukushima vont sélectionner les nourrissons et les personnes qui ont une activité principalement à l’extérieur pour réaliser des contrôles de valeur de la contamination interne avec des appareils de contrôle du corps entier"
La contamination interne issue des particules, qui est en champs proches, sans distance de sécurité et pérenne, est de loin plus dangereuse que le risque d’une exposition aux radiations externes, c’est celle aussi qui va monter en puissance dans le temps et impacter …  tout l’hémisphère nord.
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23 05 201