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mardi 1 mai 2012

Le scandale étouffé de l'uranium appauvri.


Par zevengeur @ 2008-04-17 – 22:45:00

« Notre rôle n’est pas d’être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie. » Albert Londres

On sait depuis longtemps que certains agissements irresponsables de l'homme hypothèquent très fortement le futur de la planète, ce n'est pas un scoop.

On pense par exemple aux rejets de CO2 issus des hydrocarbures qui provoquent un réchauffement général annonciateur de cataclysmes à venir ou à la culture à grande échelle sous la pression des lobbies des semences OGM qui viennent cancériser la biodiversité naturelle et transformer les agriculteurs en laquais des lobbies biotech, cultures dont la toxicité sur l'homme est de plus avérée.

Une autre grande menace très peu médiatisée pour l'instant pèse sur cette terre, il s'agit de la dissémination de l'uranium appauvri qui fait suite à son utilisation militaire sans limites en particulier par l'armée des États Unis.

Vous allez tout savoir sur le sujet, attachez votre ceinture c'est parti !

Commençons par le commencement....

De quoi est constitué l'univers ?
Vous souvenez vous de vos cours de physique au lycée ?
Chaque atome de matière est constitué de 3 composants :
- des protons et des neutrons qui sont liés et qui constituent le noyau de l'atome
- des électrons qui tournent autour du noyau

L'univers matériel est constitué à partir de seulement 90 éléments de base que l'on trouve à l'état naturel.
Ces éléments sont classés dans le célèbre tableau périodique de Mendeleïev :


Ce qui distingue ces éléments les uns des autres est le nombre de protons constituant leur noyau atomique, le plus léger l'hélium possède 1 proton et le plus lourd l'uranium en possède 92, ceux qui vont au delà de 92 ne sont pas stables.
Un élément donné peut présenter différentes variantes qui sont appelés des isotopes, nous ne rentrerons pas dans des détails trop techniques ici, les isotopes d'un atome diffèrent seulement par leur nombre de neutrons et d'électrons, le nombre de protons restant constant.
Les isotopes de par leur déséquilibre en nombre de particules sont fréquemment radioactifs, mais nous y reviendrons.

Le cas de l'uranium
Dans la nature, on trouve des gisements d'uranium à l'état naturel mais la teneur en uranium de ces gisements est de quelques kilogrammes par tonne de minerai extrait, la radioactivité est donc faible.
Cependant l'extraction de ce minerai dégage des poussières très dangereuses pour les mineurs en cas d'inhalation.
Voir ce rapport du Criirad (format PDF) concernant les méfaits au Niger de la Cogema qui exploite les mines d'uranium.

Composition du minerai extrait des mines :


Après l'extraction du minerai, la première opération consiste à concentrer l'uranium de ce dernier pour obtenir un corps appelé "yellow cake" constitué de 75% d'uranium pur environ, la radioactivité commence cette fois à devenir très dangereuse dans certaines conditions.




Composition du "Yellow cake" :
L'uranium pur est constitué de 2 isotopes dans une proportion de 99.28% d'Uranium 238 et 0.71% d'uranium 235.
L'uranium 235 (U235) est très fortement radioactif, on ne peut pas le manipuler manuellement, l'U238 est beaucoup moins radioactif mais pour autant il s'agit d'un matériau qui est très loin d'être inoffensif.

La radioactivité et ses effets sur la cellule
La radioactivité découverte par Becquerel est produite par la désintégration des noyaux atomiques qui éjecte des protons et des rayonnements à l'extérieur de la matière.
Au bout d'une certaine durée appelée période, la radioactivité d'un bloc de matière est diminuée de moitié.
Au bout de 2 périodes, la radioactivité est donc passée au 1/4 de sa valeur initiale.
Ces protons et ce rayonnement peuvent être très dangereux pour l'être humain en fonction de leur niveau d'émission et de la durée d'exposition.
En particulier, un proton éjecté peut traverser une cellule vivante située à courte distance en la perçant comme un baudruche ou pire atteindre l'ADN du noyau.
Cette cellule peut alors mourir ou être altérée génétiquement pouvant conduire à des cas de cancer ou des malformations s'il s'agit d'une cellule de l'embryon.

Effets sur l'être humain.
Une personne soumise à de fortes doses de radiations peut décéder très rapidement sous l'effet de la mort d'un trop grand nombre de ses cellules (Hiroshima).
Si par contre la victime ne meurt pas rapidement, les effets les plus graves sur le corps humain vont de l'apparition de cancers pouvant se déclarer plusieurs années après, ou l'induction de malformations chez les nouveaux nés dans le cas de femmes enceintes ayant inhalé ou avalé des poussières toxiques stockées par l'organisme sur le long terme.

Uranium enrichi et uranium appauvri
L'enrichissement de l'uranium consiste à augmenter le taux d'U235 dans le produit fini.

Un Uranium enrichi avec un taux de 5 à 10% dans le produit final est utilisé comme combustible des centrales nucléaires.

Uranium enrichi pour les centrales nucléaires :
Il est également utilisé dans les bombes atomiques à fission nucléaire avec un taux d'enrichissement de 90% environ.










Uranium enrichi pour les bombes A :
L'une des techniques d'enrichissement consiste à séparer l'U235 et l'U238 à l'aide des fameuses centrifugeuses dont on parle beaucoup actuellement au sujet de l'Iran.
Après passage dans les centrifugeuses, on obtient d'un coté l'uranium enrichi à forte teneur en U235 qui sera utilisé et de l'autre coté un déchet appelé "Uranium appauvri" constitué à 99.7% d'U238 qui sera mis de coté.
Les pays qui ont une industrie d'enrichissement de l'uranium ont donc d'importants stocks d'uranium appauvri non utilisé (USA, France, Grande Bretagne).

Résidu = Uranium appauvri :
Le point important est de noter que l'uranium appauvri n'est que 20% moins radioactif que l'uranium naturel concentré (Yellow Cake).

La période de l'uranium 238 est de 4.5 Milliards d'années, à chaque seconde 1 Kg d’UA est le siège de 40 millions de désintégrations nucléaires.
La durée pour transformer l'uranium appauvri en un corps inerte se chiffe donc en dizaines de milliards d'années !

Intérêt militaire de l'uranium appauvri
Depuis environ 20 ans, l'industrie militaire a découvert un grand intérêt tactique à l'utilisation de l'uranium appauvri dans les projectiles.
En effet, un obus renforcé à l'uranium appauvri possède une force de pénétration des blindages sans équivalent.

Voilà à quoi cela ressemble :


Obus perforant US M829 ; la flèche (en blanc) est composée d’un alliage d’uranium.

Le principe d'utilisation est donc le suivant :
le projectile est lancé à grande vitesse contre le blindé ou le bunker ennemi, la pointe renforcée en uranium appauvri perce le blindage grâce à son énergie cinétique puis l'obus explose à l'intérieur où se trouvent les occupants et les munitions, on imagine le résultat...

On trouve bien entendu toute la gamme de munitions depuis les cartouches gros calibres en passant par les obus puis les missiles.


L'avion A10 tueur de chars
Le célèbre avion avion A10 Thunderbolt "tueur de chars" possède une mitrailleuse gatling chargée d'obus à l'uranium appauvri qui a une cadence de tir de 3800 coups à la minute, en voici une vidéo promotionnelle :
Traduction de la vidéo YouTube :
Le Fairchild-République A-10 Thunderbolt II est un monoplace, biréacteur moteur conçu pour fournir un appui aérien rapproché (CAS) des forces terrestres par des chars d'assaut, véhicules blindés, et d'autres cibles au sol. Comme une mission secondaire, il fournit l'air de contrôle aérien avancé, guidage des aéronefs autre attaque contre des cibles terrestres. Il est le premier avion US Air Force conçu exclusivement pour l'appui aérien rapproché (CAS) des forces terrestres. Le surnom officiel vient de la P-47 Thunderbolt de la Seconde Guerre mondiale, un avion qui a été particulièrement efficace à la mission CAS. Cependant, le 10 A-est plus communément connu sous le nom Warthog ou tout simplement du porc. Dans l'inventaire USAF, de la même cellule est également désigné OA-10 lorsqu'il est utilisé principalement dans un rôle de contrôle aérien avancé.
Remarquez bien la quantité de poussière dégagée lors de la destruction d'un blindé, les obus sont vaporisés en très fines particules sous l'effet pyrophore de l'uranium qui prend feu spontanément dès lors où il est divisé en très fines particules.

Et bien entendu, toute la zone au voisinage des impacts se retrouve fortement polluée à l'uranium qui va pénétrer dans le sol, de plus et il est important de le noter, la poussière radioactive sous forme d'aérosol peut stagner dans l'air avant d'être transportée par les vents et les courants.
Ces aérosols peuvent donc être inhalées ou avalées des jours, des semaines ou des années plus tard et pas forcément au voisinage d'une carcasse de blindé détruite.

Les armes à uranium appauvri ont été utilisées sur plusieurs champs de bataille comme l'Irak, l'Afghanistan et le Kosovo.

Irak
Le porte-parole de l'armée US Eric Daxon admet qu'environ 940 000 obus ont été tirés lors de la guerre du golfe correspondant à environ 300 tonnes d'uranium appauvri.
Cet uranium a été vaporisé en très fines particules radioactives.

Ces particules ont d'abord pollué le champ de bataille puis ont traversé le sol pour atteindre les nappes phréatiques.
D'autres particules se sont ensuite dispersées à grande distance sous l'effet des vents ascendants puis des pluies radioactives sont venues les renvoyer au sol.

La présence d'uranium appauvri a même été détectée en Grande Bretagne avec des taux mesurés jusqu'à 300% de la normale 9 jours après les bombardements, la France a heureusement été épargnée car on sait depuis Tchernobyl que les nuages radioactifs ne traversent pas nos frontières !

Les personnes vivant dans les zones polluées ont alors été contaminées en respirant l'air chargé de poussières et en buvant de l'eau polluée par des particules d'uranium, l'aspect ironique de l'histoire est que ces particules ne font pas la différence entre les Irakiens et les soldats américains de la force d'invasion, ces derniers ont donc présenté ce que l'on a appelé pudiquement le syndrome de la guerre du golfe.

Effets constatés sur les populations
Les effets constatés sur les populations sont les suivants :
- multiplication par 10 des taux de cancers sur plusieurs années
- apparitions de cancers doubles ou triples dont certains inconnus
- très graves malformations chez des enfants dont la mère a été exposée aux poussières d'uranium appauvri (multiplication du nombre de cas par 30)

Sur 500 000 soldats US ayant participé à la guerre du golfe plus de 250 000 ont eu besoin de soins médicaux.
Les taux de cancer ont également explosé dans cette population et de nombreux cas de malformations similaires à ceux de l'Irak ont été constatés chez des enfants de soldats US conçus bien entendu après leur retour.

Taux de cancers dans la région de Bassora qui a subit de nombreux bombardements par des armes à l'uranium :

C'est arrivé près de chez vous
Voilà des images de bébés irakiens mal formés dont l'ADN des cellules de l'embryon a été touché par la radioactivité des poussières ingérées et stockées par la mère, attention, ces images sont dures à regarder :
http://www.xs4all.nl/~stgvisie/VISIE/extremedeformities.html
Vous remarquerez que l'un des clichés concerne un bébé naméricain né sans bras issu d'un père vétéran de la guerre du golfe.

CONCLUSION
Voici la chaine "ali-mort-aire" de l'uranium entre son extraction et ses effets finaux :
Les données scientifiques ainsi que les faits résumés ici démontrent amplement les terribles effets induits par l'utilisation des armes à l'uranium sur les populations civiles.
Par ailleurs, les sols et les nappes phréatiques dans les zones de guerre sont pollués ad vitam eternam par les matières radioactives.

Il faudra bien qu'un jour, dans un an, dans 10 ans ou dans 1 siècle que les crimes de guerre avérés, doublés de crimes contre l'humanité avérés également perpétrés par les américains, soient au même titre que ceux commis par les nazis, jugés et reconnus comme tels dans les livres d'histoire à défaut d'être punis.

Voilà, je laisse le lecteur conclure lui même sur cette étude réalisée en lieu et place des journalistes d'investigations, métier qui n'existe plus depuis bien longtemps dans les médias.
Mais il faut bien que quelqu'un s'en occupe !

J'ai oublié de préciser que l'armée française possède également des munitions à l'uranium appauvri...

Voici donc l’excellent reportage : Le scandale des armes a l'Uranium appauvri.



Source : http://french-revolution-2.blog.fr/2008/04/17/et-un-scandale-de-plus-l-uranium-appauvr-4012799/

dimanche 27 novembre 2011

NUCLEAIRE: Le Scandale des déchets


En pleine prise de conscience des menaces de réchauffement climatique, les industriels et certains politiques nous présentent l’énergie nucléaire comme la solution d’avenir, une énergie propre, maîtrisée, sans impact sur l’environnement et la santé. Parfois même, une énergie qui s’inscrit dans le « développement durable ». Mais l’énergie nucléaire est-elle aussi propre qu’on nous le dit ?
DÉCHETS : LE CAUCHEMAR DU NUCLÉAIRE
Réalisateur : Eric Guéret
Auteurs : Laure Noualhat et Eric Guéret
Avec la participation de Michèle Rivasi et Jean-Luc Thierry
Production : ARTE France, Bonne pioche, en association avec Sundance Channel
Mardi, 13 octobre 2009 à 20:45 sur ARTE
Rediffusion jeudi 15 octobre à 09H55
(France, 2009, 98mn)
La Russie accueille sur son sol 13% de nos déchets nucléaires. On y découvre des villes secrètes de 30 000 habitants comme Tomsk, en Sibérie, où dorment, impunément, des tonnes d'uranium enrichi, tandis qu'à l'hôpital d'à coté, la directrice reconnait un taux de cancer anormalement élevé. Des responsables de la com » de l'usine Areva de la Hague incapables d'affirmer face caméra qu'il y a « zéro contamination ». Sans parler des responsables d'EDF qui annulent l'interview quand ils comprennent la teneur des questions..
Talon d'Achille de l'industrie nucléaire en France, la question des déchets n'a jamais été explorée par une enquête de cette envergure (huit mois sur trois continents). En se faisant accompagner par les militants de Greenpeace -qui accumulent des données depuis trente ans- et les experts de la Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité (Criirad).
Ce documentaire pose beaucoup plus de questions qu'il apporte de réponses, notamment du fait du black-out opposé par EDF et Areva.
Malgré le barnum médiatique déclenché par ce documentaire accompagné d'un livre, Areva ne semble pas près de changer sa com, alléguant que le nucléaire est recyclable à 96%. Alors que, selon les nouveaux calculs que l'enquête a permis de réaliser, le taux effectif de recyclage des matières nucléaires n'est que de 10%. Ce qu'Areva appelle matière recyclable et qui est envoyé en Russie n'est en effet pas réexploité, mais reste entreposé pour 80 à 90%. 

Le cauchemar du nucléaire - 1/8

Le cauchemar du nucléaire - 2/8

Le cauchemar du nucléaire - 3/8

Le cauchemar du nucléaire - 4/8

Le cauchemar du nucléaire - 5/8

Le cauchemar du nucléaire - 6/8

Le cauchemar du nucléaire - 7/8

Le cauchemar du nucléaire - 8/8

Pour poursuivre le dernier documentaire portant sur Lbataille de Tchernobyl, voila pour vous un excellent documentaire de Arte sur les déchets nucléaire. Comme inscrit sur la pochette « L'obligation de subir nous donne le droit de savoir ». Oui mais, sommes nous vraiment encore obligé de subir? Subissons nous vraiment? Car pour subir il faut être dans une position de faiblesse ou le rapport de force n'est pas à notre avantage. Selon moi, si la majorité des gens étaient mieux informés sur le nucléaire, ce rapport de force changerait car les populations sont beaucoup plus nombreuse que les lobbyistes du nucléaire et elles refuseraient de financer cette industrie de la mort. La sagesse passe par la connaissance de la vérité.
Titre : Déchets : le cauchemar du nucléaire Réalisateur : Eric Guéret Auteurs : Laure Noualhat et Eric Guéret Production : ARTE France, Bonne pioche, en association avec Sundance Channel
Présentation :
En pleine prise de conscience des menaces de réchauffement climatique, les industriels et certains politiques nous présentent l’énergie nucléaire comme la solution d’avenir, une énergie propre, maîtrisée, sans impact sur l’environnement et la santé. Parfois même, une énergie qui s’inscrit dans le « développement durable ». Mais l’énergie nucléaire est-elle aussi propre qu’on nous le dit ?
Car les déchets sont le point faible du nucléaire, son talon d’Achille, son pire cauchemar.
Entre les pro et les anti-nucléaires, le débat fait rage. Faut-il oui ou non relancer cette énergie que la plupart des pays européens avaient déjà décidé d’abandonner ? Au cœur des débats, la crainte des déchets nucléaires, partagée par tous. Car les déchets sont le point faible du nucléaire, son talon d’Achille, son pire cauchemar. Les populations en ont peur, les scientifiques ne trouvent pas de solution acceptable, les industriels tentent de nous rassurer et les politiques évitent le sujet. Pourtant, les quelques pays européens qui ont ouvert le débat sur la contamination des déchets (radioactifs pendant des milliers d’années), ont décidé de sortir progressivement du nucléaire.
C’est le cas de l’Autriche, de la Suède, de la Belgique ou de l’Allemagne. Mais que connaissons-nous exactement ? Comment les populations peuvent-elles avoir une vision claire d’un domaine couvert depuis toujours par le secret ? Pourquoi ce déficit démocratique sur une question politique et environnementale majeure ? Nous partons en quête de « la vérité sur les déchets » en France, en Allemagne, aux États-Unis et en Russie… Les scientifiques de la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité) nous accompagnent sur les sites nucléaires. À l’aide des mesures et des prélèvements qu’ils effectuent sur le terrain, d’analyses et de rencontres avec des travailleurs du nucléaire et des opposants, nous tentons de répondre aux questions que tout le monde se pose.
• Les déchets sont-ils dangereux ? • Comment sont-ils gérés depuis l’origine du nucléaire ? • Existe-t-il une solution pour les déchets ?
Nous allons également à la rencontre des responsables politiques (Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement, Robert Alvarez, ancien conseiller énergétique de l’administration Clinton) et industriels (Areva, EDF) pour tenter de résoudre d’autres interrogations.
• Les populations sont-elles informées des dangers des déchets ? • Le nucléaire peut-il être démocratique ? • Qui détient réellement le pouvoir ? • Quels sont les vrais enjeux politiques et industriels ? • Les déchets menacent-ils l’avenir du nucléaire ?
En partant à la quête de « la vérité sur les déchets », nous abordons le sujet tabou du nucléaire par sa zone la plus sombre. Ce film a l’ambition de donner enfin à chacun les clefs pour comprendre des choix qui pèsent lourd dans l’avenir de l’humanité.
Reportage en entier. Voila un héritage du nucléaire et de ses déchets :

samedi 26 novembre 2011

L'après Nucléaire les dangers


l'après Fukushima, un scandale apocalyptique !
En toute discrétion, dans nos campagnes, à proximité immédiate des villages ou des villes, des déchets radioactifs extrêmement dangereux ont été disséminés, ou ensevelis méthodiquement, depuis des dizaines années. Pire encore, ils ont parfois servi à construire des routes, des parkings, et même des logements, des écoles ou des aires de jeu pour les enfants... Sans aucune mise en garde sur les risques encourus ! Car entre 1945 et 2001, la France a exploité 210 mines d'uranium sur son territoire. Elles ont produit 300 millions de tonnes de déchets radioactifs qui ont été abandonnés sans mesure de protection ou de surveillance particulière. Qui sont les responsables ? Pourquoi ceux qui ont tenté de donner l'alerte n'ont-ils jamais été écoutés ? Pourquoi l'Etat n'a-t-il pas alerté les riverains ? Les populations sont-elles en danger ? Elise Lucet et l'équipe de Pièces à conviction ont mené l'enquête sur ce scandale, au coeur des campagnes et des villes françaises.

URANIUM: Le scandale de la France contaminée 1/8
URANIUM: Le scandale de la France contaminée 2/8
URANIUM: Le scandale de la France contaminée 3/8
Saint-Priest (Loire), la mine d'uranium a fermé en 1980. Depuis, des résidus radioactifs sont stockés sur le site, mais d'autres ont servi de matériau de construction, de remblai sur les chemins... Les riverains, inquiets, sont mobilisés. Reportage. (A voir également.)
"Biiiiiiiiiiiip!" D'un coup, le compteur Geiger s'affole; un son aigu, strident. C'est un caillou, échoué sur le bord d'un chemin, qui a fait s'emballer la machine. A 80 centimètres de la pierre, le compteur affiche déjà 15 microsieverts (µSv). Et les chiffres grimpent à mesure que l'on se rapproche: 89, 158, 195... Christian Courbon lance un sifflement de spécialiste: "Ouh la! Ça crache!"
Ça "crache" tellement, d'après ce technicien de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), que les 195 µSv mesurés représentent 800 fois le niveau de radioactivité naturelle (0,3 µSv). Traduction: il suffit de tenir ce caillou dans les mains pendant quelques heures pour atteindre la dose maximale annuelle admise par les autorités sanitaires. Pas rassurée, Arlette Maussan, qui se tient à ses côtés, recule d'un pas. "Ne restons pas là", lance la présidente du collectif des Bois noirs, une association de riverains qui se bat, depuis près de trente ans, pour informer la population. Droite comme un "I", sûre de son combat, Arlette raconte: née dans le coin, elle aime sa région et voudrait bien "se promener sans risques" dans le pays qui l'a vu grandir.


URANIUM: Le scandale de la France contaminée 4/8
Auvergne, Limousin,
AREVA refuse en outre de réaliser des échantillonnages permettant de vérifier si des déchets radioactifs sont présents sous les villas. Leur présence est hautement probable dans la mesure où les relevés radiamétriques effectués par la CRIIRAD en 2006 ont montré que la contamination est détectable contre le mur nord de la villa centrale. La présence de ces déchets explique que la concentration en radon 222 dans l’air intérieur de certaines de ces villas (gaz radioactif cancérigène) dépasse très largement les recommandations de l’OMS (100 Bq/m3) et le seuil d’intervention en urgence de 1000 Bq/m3 fixé par la réglementation française pour les Etablissements Recevant du Public. La CRIIRAD a mesuré en effet jusqu’à 5 000 Bq/m3 dans la chambre d’une des villas.
On notera que dans une habitation de même type construite à quelques centaines de mètres, sur un terrain non contaminé, les valeurs sont de 62 et 76 Bq/m3.
URANIUM: Le scandale de la France contaminée 5/8
URANIUM: Le scandale de la France contaminée 6/8
URANIUM: Le scandale de la France contaminée 7/8
Haute-Vienne,
URANIUM: Le scandale de la France contaminée 8/8

jeudi 24 novembre 2011

"Valognes Stop Castor" du 22 au 24 novembre

Camp anti-nucléaire "Valognes Stop Castor" du 22 au 24 novembre Pour un rassemblement anti-nucléaire en écho avec les luttes allemandes. Le train de déchets nucléaires castor ne passera pas comme ça ! Retrouvons-nous à Valognes le 22/23/24 novembre 2011 pour le bloquer et imaginer des perpectives. Rassemblement et manifestation, le 24/11, 11h, Valognes La catastrophe de Fukushima se rajoute à la longue liste de l'horreur quotidienne du nucléaire, mais il n'est plus temps de s'étonner de cette réalité. Si pour certains elle est l'alibi d'un contrôle et d'une gestion de la vie plus poussée, elle attise pour d'autres un sentiment de colère qui ne se dissout pas dans le fatalisme ambiant ou l'attente désespérée d'une échéance électorale. C'est par un geste fort porté collectivement à l'intérieur même du pays le plus nucléarisé du monde que sortir de cette impuissance devient tangible. En novembre prochain partira le dernier transport de déchets nucléaires CASTOR (Cask for Storage and Transport Of Radioactive Material) de La Hague à Gorleben en Allemagne. Voilà qui nous donne une occasion d'agir. La question des déchets constitue le maillon faible de l'industrie nucléaire, et l'illustration la plus frappante du scandale qu'elle est dans son ensemble : on ne sait pas plus s'en débarrasser aujourd'hui qu'il y a soixante ans - on les envoie finir leur demi-vie sous terre à Bure, en Lorraine, ou à l'air libre en Sibérie. Le transport de novembre 2010 a été marqué par une très forte mobilisation en Allemagne. Depuis 15 ans, pas un train ne passe sans embûches. La diversité des pratiques de blocage permet un véritable harcèlement sur la quasi totalité de la ligne: par exemple, quand 50000 personnes manifestent à Dannenberg, 400 paysans du Wendland stationnent leurs tracteurs pour bloquer les convois policiers, tandis qu'à Hitzacker, 1400 personnes s'invitent sur les voies. L'an passé, l'arrêt du convoi durant quatre jours a rendu plus onéreux la sécurisation du transport que le transport lui-même. Ce que nous proposons, c'est donc de nous approprier les méthodes les plus éprouvées du mouvement anti-nucléaire allemand et de doubler le traditionnel rassemblement de Valognes d'un camp de deux jours, d'où partent actions et réflexions. Il existe d'ors et déjà des collectifs locaux constitués ces derniers mois à la suite de Fukushima, ainsi que des personnes qui s'organisent contre le projet de ligne Très Haute Tension dans la Manche, en Mayenne et en Ille et Vilaine. Nous appelons au rassemblement le plus large possible afin de bloquer le train CASTOR à son point de départ et pourquoi pas sur tout le reste de son trajet. Après la grande manifestation de Rennes du 15 octobre, ce serait une façon d'insuffler un nouvel élan à la lutte, de relancer le mouvement anti-nucléaire en France et, qui sait ?, d'un jour vaincre. La fermeture de la centrale de Fessenheim repoussée de dix ans. Un président de la République qui ne voit pas en quoi la catastrophe de Fukushima pourrait remettre en cause l'industrie nucléaire française. La présidente d'Areva qui, à peine limogée, trouve refuge au conseil d'administration d'un quotidien national réputé « de gauche ». Comme le nuage de Tchernobyl en son temps, il semble que les effets dévastateurs de l'explosion de Fukushima sur le consensus nucléariste doivent une nouvelle fois s'arrêter aux frontières de la France. La folle arrogance des nucléocrates hexagonaux n'a pas de limites : l'Allemagne décide de sortir du nucléaire, c'est un « cas isolé ». La Suisse puis l'Italie lui emboîtent le pas : tant mieux, on leur vendra notre électricité. Un peu plus et on nous expliquait, diagrammes psychologiques à l'appui, que si le Japon, à son tour, veut en finir avec ses centrales, c'est en vertu d'un excès passager de radiophobie. Partout dans le monde, le tissu de raisonnements spécieux, de promesses mirifiques et de mensonges éhontés avec lequel se soutenait le lobby nucléaire se déchire. Fukushima a exposé aux yeux de tous l'incroyable bricolage à quoi se réduit le fonctionnement quotidien d'une centrale dans le pays « le plus avancé technologiquement au monde ». On ne peut plus ignorer sans mauvaise foi la démission soudaine de tous les responsables dès que survient l'accident, l'impuissance du gouvernement japonais à faire face à la moindre des conséquences de celui-ci, les dosimètres distribués aux écoliers pour déguiser cette impuissance en constat scientifique, le réhaussement aléatoire et opportun des seuils de toxicité admissibles par l'organisme humain, bref : l'incompatibilité entre le nucléaire et le fait d'habiter quelque part sur la planète Terre. Tandis que s'effondrent tous les arguments économiques en faveur de l'atome, les Etats les plus lucides laissent derrière eux ce monstre incontrôlable. Avec ses projets d'EPR, d'ITER, avec son MOX et ses « dommages collatéraux » que des territoires entiers subissent à l'extérieur de l'Europe, la France fait de plus en plus l'effet d'un malade en plein délire qui divague dangereusement dans le concert des nations. A voir l'Etat français engloutir depuis des décennies des milliards en pure perte, on se dit que s'il s'agissait d'un individu, cela ferait bien longtemps qu'on l'aurait mis sous curatelle. Mais la passion nationale des grands équipements et des nouvelles technologies, le rêve d'exporter un jour quelque chose d'autre que du vin, des armes et des bagnoles rencontrent ici les intérêts bien compris d'une mafia économique, d'une secte de scientifiques et d'ingénieurs qui se croient une élite. Pour le lobby nucléariste français, la seule façon d'échapper à la sanction de tous ses crimes et mensonges passés est d'en commettre d'encore plus énormes. Si la population a été un jour prise en otage, c'est par ces gens et cette démence-là. Le nucléaire en France est un cauchemar dont Fukushima doit sonner le réveil. Pour commencer, il faut reconnaître l'échec des hypothèses qui ont porté les réseaux anti-nucléaires de la phase précédente. 1- L'hypothèse qu'il suffirait de « faire de l'information » et de faire pression sur les élus, qui ne seraient pas assez au fait de la menace nucléaire, a été battue en brèche par Fukushima : tout le monde sait désormais. Des sondages veulent bien admettre que 60 % de la population française ne veut plus du nucléaire et pourtant rien ne change. C'est donc que le problème nucléaire en France n'est pas une question technique d'argumentation rationnelle et de transparence de l'information, mais une question politique de rapport de force. Si le gouvernement allemand, clairement nucléariste, a décidé de sortir du nucléaire sous dix ans, ce n'est pas en vertu d'une soudaine illumination de la raison, mais grâce à la puissance d'un mouvement capable d'agir et de mettre des centaines de milliers de gens dans la rue. 2- Les luttes anti-nucléaires historiques en France et ailleurs dans le monde n'ont jamais remporté de victoire qu'à condition d'avoir une forte emprise locale. C'est au fond la différence entre Plogoff et Malville. C'est aussi l'explication de la longevité et de la vigueur intacte de la mobilisation allemande dans le Wendland contre les transports de déchets Castor. C'est donc pour commencer localement qu'il faut s'organiser, et de là être capable d'en appeler au soutien de tous ceux qui viennent d'ailleurs. 3- Le problème nucléaire ne se pose pas en termes de risques qu'il faudrait gérer et idéalement faire tendre vers zéro. Il n'y a pas le fonctionnement normal du nucléaire et ses regrettables accidents. Lorsqu'il se rappelle à nous périodiquement, par une catastrophe tonitruante, on en oublierait presque que la catastrophe tient tant dans ses dysfonctionnements que dans ce qu'il empêche même en parfait état de marche. Le nucléaire irradie au moins autant nos imaginaires que nos thyroïdes. Tous nos possibles s'éclipsent derrière l'échelle démesurée qu'il impose. De telles infrastructures, quadrillant des milliers de km², induisent une gestion et une organisation à cette mesure. Quant à la dangerosité, elle sous-tend une parfaite maîtrise des "populations" vivant sur les territoires impliquées. Le nucléaire contraint à un monde globalisé et pacifié; il réalise en cela l'idéal du crédit sur plusieurs générations. Et, tout comme l'économie, la nécessité de s'en défaire apparaît impérieusement à quiconque ne voit pas, dans la perpétuation de ce monde, un horizon désirable. 4 - La nécessité de nous opposer au nucléaire ne signifie pas qu'il faille lui opposer les « énergies alternatives », sous peine de nous retrouver aux côtés des nouvelles mafias industrielles qui exproprient les paysans des Pouilles et bientôt du Maghreb pour y construire leurs absurdes centrales solaires, et pour finir aux côtés du CEA devenu entre-temps Commissariat aux Energies Alternatives. La ligne de partage n'est pas entre le nucléaire et les énergies alternatives mais entre une production d'énergie centralisée, commerciale et gérée par en haut, et une production décentralisée, contrôlée localement et renouvelable ; une production en contact direct avec les besoins qu'elle doit satisfaire. C'est seulement à l'échelle locale que se dissout l'alternative entre le nucléaire et la bougie : car là les besoins existants peuvent se donner les moyens de la production qui leur est nécessaire, et en retour les possibilités de production peuvent redéfinir intelligemment les besoins. Il faut cesser de penser la question de l'énergie en terme national si l'on entend sortir de l'impuissance. 5 - A quelque tendance du mouvement anti-nucléaire que l'on appartienne, il faut cesser de faire grief de notre échec collectif à telle ou telle autre tendance. Ce mécanisme de division atavique nous dédouane certes de toute responsabilité, mais nous condamne à perpétuer les causes de notre faiblesse. L'enseignement qui nous vient du mouvement allemand est précisément que les différentes tendances peuvent coexister sur une base pratique, en ayant chacune son mode d'action. A partir du moment où toutes poursuivent sincèrement le but commun d'en finir maintenant et par elles-mêmes avec le nucléaire, aucune n'a de titre à condamner la stratégie adoptée par les autres. La permanence des luttes de chapelles en France n'exprime que l'insuffisance pratique du mouvement. C'est justement par les différentes manières de se rapporter aux gestes de lutte sur un territoire que les luttes du Wendland ou du Val de Susa (la vallée italienne opposée à la construction d'une ligne de TGV) ont trouvé leur force. Maintenant que des Etats s'engagent à renoncer au nucléaire, poussons avec force vers une sortie totale et immédiate. Ne soyons pas dupes des effets d'annonce gouvernementaux, comme celles d'une sortie « responsable » du nucléaire en 30 ans : il se peut bien que ce ne soit pour les dirigeants qu'une façon de gagner du temps, et qu'ils reviennent sur cette décision dès que l'occasion s'en présentera et que l'émotion sera retombée. Le nucléaire a la peau dure. Dans la mesure où l'on ne peut laisser nos vies entre les mains d'aucun dirigeant, la seule garantie de l'exécution effective des décisions prises est justement la permanence et la puissance du mouvement. On a assez joué avec nos vies. Nous ne nous laisserons pas gérer dans le cadre de la dénucléarisation comme on a pu gérer notre nucléarisation. La manifestation du 15 octobre à Rennes sera l'occasion de nous retrouver à la fin du cortège, pour discuter plus largement du camp de novembre à Valognes. Les détails de ce camp seront sur le blog. N'hésitez pas à nous contacter pour les différentes contributions logistiques que chacun ou que chaque groupe pourrait apporter, comme des cantines, des barnums, etc. Pour plus d'infos : http://valognesstopcastor.noblogs.org/