vendredi 13 janvier 2012

LEUCÉMIES ET CENTRALES NUCLÉAIRES : DÉSINFORMATION OU INFORMATION ?

Une étude publiée par le International Journal of Cancer sur les cas de leucémies infantiles autour des centrales nucléaires françaises a donné lieu a des articles et déclarations très éloignés de la vérité.
► L'article scientifique est  ici. Rares sont les commentateurs qui l'ont lu. C'est un mensonge pur et simple que d'affirmer que cet article scientifique permet de conclure que la radioactivité due aux centrales nucléaires provoque des leucémies chez les enfants.
► Son information principale est en réalité celle-ci : sur la période 1990-2007, il n'y a pas d'excès de cancer du sang (leucémies) chez les enfants de moins de 15 ans vivant à moins de 5 km d'une centrale nucléaire . En effet l'excès relevé entre 2002 et 2007 est compensé par un déficit par rapport aux nombres de cas attendus entre 1990 et 2002. Il faut noter que l'on compte environ 500 cas de leucémie infantile par an en Métropole, soit 2.753 entre 2002 et 2007 et 5.356 entre 1990 et 2001. Il est évident que lorsqu'une statistique porte sur des cas rares (14 cas en 2002/2007, 24 entre 1990 et 2007 à moins de 5km d'une centrale nucléaire), une durée de 6 ans d'observation signifie une mauvaise qualité d'information relativement à une durée de 17 ans d'observation du même phénomène. Il faut donc retenir la statistique longue et non pas la statistique courte.
► L'article scientifique stipule de manière claire que la radioactivité émise par les centrales nucléaires ne peut être une cause de l'excès de leucémies infantiles relevé sur la courte période 2002 -2007. Pour une raison simple : cette radioactivité est mille fois plus faible que la radioactivité naturelle. La  conclusion de l'article : il n'y a pas d'association entre la proximité plus ou moins importante des cas avec la centrale, à l'intérieur de la zone des 5 kilomètres. Cette absence de corrélation est relevée y compris pour la période 2002/2007. En outre, les centrales nucléaires ne sont pas le facteur principal de variation de la radioactivité sur le territoire métropolitain. En d'autres termes, un enfant vivant près de la centrale nucléaire de Nogent sur Seine est moins exposé à la radioactivité qu'un enfant vivant loin de toute centrale nucléaire mais sur un territoire granitique et fortement émetteur de radon, comme en Limousin, en Bretagne centrale, ou à la Bourboule. Si l'on veut véritablement étudier l'effet de variations faibles de radioactivité sur l'incidence des leucémies infantiles, il faut faire une cartographie des zones à forte émission de radon car si il y a un effet, il sera beaucoup plus fort que celui des centrales nucléaire. Ce travail est en cours.
► Contrairement à ce qui a été écrit dans la presse, les études sur 198 sites nucléaires européens n'ont montré un excès de leucémies infantiles que dans trois cas (Sellafield, Dounreay et Krummel).
► L'Autorité de sûreté nucléaire a mis en place un groupe de travail pluraliste, avec des associations, sur la thématique des leucémies infantiles, son dernier rapport est disponible ici. Et ici.
► Les explications de l'IRSN sont ici . En voici la conclusion :
«Les nouveaux résultats sont obtenus sur une période courte de 6 ans (2002-2007), et les effectifs sont donc très faibles, ce qui limite l’interprétation des résultats. Ceux-ci semblent en particulier très sensibles aux dernières années d’enregistrement (2006-2007). Notons que sur l’ensemble de la période pour laquelle des données sont disponibles (1990-2007), il n’apparait plus d’excès. Les résultats obtenus sur la période 2002-2007 apparaissent différents des résultats antérieurs. Ils doivent être mis en perspective avec les autres résultats disponibles par ailleurs, et la persistance d’un excès de risque potentiel devra être confirmée dans le futur. A ce titre, ces résultats singuliers ne permettent pas aujourd’hui de remettre en cause le bilan global des connaissances sur les risques autour des installations nucléaires.
Dans cette étude, la collaboration de l’IRSN a permis d’apporter ses compétences dans le domaine des faibles doses, que ce soit sur la connaissance des effets à long terme des expositions aux rayonnements ionisants ou sur la caractérisation de l’exposition de la population. En particulier, ces compétences en modélisation ont permis l’élaboration d’un zonage basé sur la dispersion des rejets gazeux des centrales nucléaires. Il n’apparait pas d’excès de leucémies sur la période 2002-2007 lorsque l’on utilise ce zonage.
Même s’il repose sur une approche assez élaborée (considération d’un spectre de 12 radionucléides, utilisation de données de rejet réelles, données météorologiques locales de direction et de force des vents et de précipitations, modélisation du transfert dans les différents compartiments de l’environnement, considération des différentes voies d’exposition (inhalation, ingestion, exposition externe due au dépôt, utilisation de coefficients de dose spécifiques de l’organe pertinent…), il doit être rappelé que ce zonage ne prétend en aucun cas permettre l’estimation des doses de chaque individu (qui nécessiterait de disposer des données personnelles du vécu et du comportement de chacun). Il propose simplement une approche tenant mieux en compte les spécificités locales des sites, et en ce sens, représente une réelle amélioration par rapport à l’utilisation de simples cercles concentriques. L’absence d’excès observé avec ce zonage ne va pas dans le sens d’un lien entre les rejets radioactifs des installations et le risque de leucémie infantile. Cette différence de résultats entre l’utilisation de la simple distance ou du zonage des doses illustre de plus la sensibilité des résultats aux choix méthodologiques d’analyse.
Une limite importante du présent travail est l’absence de données individuelles sur l’historique résidentiel, sur le vécu des enfants, sur le déroulement de la grossesse ou les expositions des parents. L’absence de ces données limite l’interprétation qui peut être faite des résultats observés. Notons néanmoins que l’analyse réalisée dans GEOCAP a permis tenir compte de la proximité de lignes à haute tension.
Une des forces de l’étude GEOCAP de l’INSERM est qu’elle vise à analyser plusieurs facteurs de risque environnementaux potentiels des leucémies infantiles (proximité des lignes à haute tension, radioactivité naturelle, proximité d’axes routiers ou de stations essence…). In fine, cette étude devrait permettre une analyse multifactorielle du risque de leucémies infantiles, et contribuer ainsi à l’amélioration des connaissances sur les causes des leucémies infantiles.
En conclusion, l’étude observe un excès potentiel de leucémies infantiles dans un rayon de 5 km autour des centrales nucléaires françaises sur la période 2002-2007. Ce résultat repose sur des effectifs très faibles, et n’est pas confirmé sur une période plus longue ou lorsque l’on utilise un zonage fondé sur la modélisation des rejets gazeux des centrales. Cette observation pourrait être due à des facteurs de risque non déterminés présents à proximité des installations nucléaires. Ce résultat pousse à un approfondissement des recherches sur les causes des leucémies infantiles.
Par ailleurs, une réflexion est en cours au niveau européen sur les questions scientifiques ouvertes sur les effets sanitaires des faibles doses de rayonnements ionisants au sein de la plateforme MELODI (Multidisciplinary European Low Dose Initiative, www.melodi-online.eu/). Cette plateforme regroupe plus d’une quinzaine d’organismes européens spécialisés en radioprotection ou impliqués dans la recherche aux faibles doses. Dans le cadre de cette plateforme, un séminaire de consensus va être organisé mi-2012 conjointement par l’IRSN et BfS (Office Fédéral de Radioprotection Allemand), sur la méthodologie des études des risques à proximité des installations nucléaires et la recherche des causes des leucémies infantiles. L’organisation d’un tel séminaire résulte également des conclusions du groupe de travail Installations nucléaires de base et leucémies de l’enfant » dirigé par le Pr Sommelet.»
Par Sylvestre Huet, le 13 janvier 2012

Enercoop Energie Renouvelable

Enercoop
Est une Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC) SA à capital variable, visant le développement des énergies renouvelables en France. Elle a pour activité principale la fourniture d'électricité d'origine renouvelable.
Cette activité s'inscrit dans le contexte de l'ouverture du marché de l'énergie impulsée par Bruxelles, qui a conduit à une séparation des activités de transport (qui restent un monopole public) et de fourniture de l’énergie.
Depuis 2004, les professionnels peuvent librement choisir leur fournisseur d'électricité (environ 4.5 millions de sites concernés). Les particuliers auront également ce droit à partir de juillet 2007.
La forme coopérative d'Enercoop permet de regrouper producteurs et consommateurs afin de garantir une traçabilité commerciale de l'électricité (la traçabilité physique des électrons étant impossible). Ce qui est facturé aux consommateurs est reversé aux producteurs verts de la coopérative.
Enercoop rassemble par ailleurs des professionnels des énergies renouvelables, des associations citoyennes, des collectivités locales, des acteurs de l'économie sociale et solidaire (Enercoop est agréée entreprise solidaire).
Enercoop se démarque des autres fournisseurs à la fois par sa forme coopérative et son offre d'électricité éthique et 100 % verte.

Historique

A l'origine d'Enercoop,
  • Un groupe de travail d'une vingtaine d'acteurs issus du monde des énergies renouvelables, des associations citoyennes et de l'économie solidaire : le CLER (Comité de Liaison des Energies Renouvelables), la Compagnie du Vent, Espace Eolien Développement (éoliens), Solagro (biogaz), Hespul (photovoltaïque), le réseau des magasins Biocoop, les associations Agir pour l'Environnement, Greenpeace France, les Amis de la Terre, etc...
  • Un objectif ambitieux : agir concrétement pour développer les énergies renouvelables en France et inciter à la maîtrise de l'énergie.
Fin 2005, Enercoop officialise son existence, dépose son nom et obtient le statut de SCIC. Ce statut délivré par la préfecture reconnaît l'utilité sociale et l'intérêt collectif d'Enercoop. Septembre 2006, Enercoop reçoit l'agrément " entreprise solidaire " et commence à livrer ses premiers consommateurs.

Objectifs

Le premier objectif d'Enercoop est de développer la production d'électricité d'origine renouvelable et de favoriser les comportements énergétiques responsables chez les consommateurs.
Pour ce faire, Enercoop vise à rendre les énergies renouvelables plus compétitives en développant leur marché et à inciter à la réduction de consommation.
Développer le marché des énergies renouvelables consiste entre autre à rassembler les consommateurs prêts à se fournir exclusivement auprès de producteurs verts et à favoriser les investissements.
Enercoop souhaite impulser et soutenir des investissements collectifs afin de développer localement de nouveaux moyens de production verts (éolien, biogaz, solaire et hydraulique).

Fonctionnement

Enercoop achète de l'électricité à des producteurs d'électricité renouvelable membres de la coopérative.
L'électricité est acheminée par le réseau public de transport et de distribution, auprès duquel Enercoop s'acquitte d'un droit d'accès proportionnel à son utilisation.
L'électricité est ensuite facturée au consommateur final à un prix incluant le coût de l'énergie et le coût d'accès au réseau.
  • Commerce équitable
La commercialisation de l'électricité par Enercoop s'inscrit dans le concept de commerce équitable. L'électricité est achetée aux producteurs au prix juste : différent suivant les filières (hydraulique, éolien, photovoltaïque, biogaz), le prix est fixé pour permettre un retour sur investissement suffisant pour assurer le développement de chaque filière. En payant ce prix juste, le consommateur participe concrètement au développement des énergies renouvelables.
  • Décision collective
La SCIC est une nouvelle forme d'entreprise sociale qui s'inscrit dans le courant de l'économie sociale et solidaire et qui permet d'associer celles et ceux qui veulent agirensemble dans un même projet. Dans l'organisation d'Enercoop, producteurs et consommateurs d'électricité ont les mêmes droits. Plus précisément, la coopérative est structurée en 6 collèges : producteurs, consommateurs, salariés, porteurs de projet, partenaires et collectivités locales. Ils sont tous représentés au Conseil d'Administration. Dans chaque collège, les décisions sont prises sur le principe démocratique " une personne = une voix ". Aujourd'hui, Enercoop regroupe plus de 500 sociétaires.
  • Utilisation des bénéfices
Les statuts d'Enercoop imposent le réinvestissement de la majeure partie des bénéfices dans des nouveaux moyens de production et des services de maitrise de l'énergie. Le capital détenu par les membres de la coopérative ne peut être rétribué à plus de 4,5%.

Premier bilan

L'année 2006 aura été marquée par le démarrage effectif de l'activité d'Enercoop, le 1er septembre. En moins de trois mois, près de 200 consommateurs ont rejoint Enercoop.
  • Consommateurs
200 consommateurs ont déjà souscrit à l'offre 100 % verte d'Enercoop (900 000 kWh annuels environ). Il s'agit d'agriculteurs, de professions libérales, d'associations et de particuliers exerçant une activité professionnelle à domicile.
  • Producteurs
8 producteurs produisant plus de 1 000 000 kWh annuels : 1 centrale hydroélectrique, 1 petite éolienne et 6 toits solaires photovoltaïques.
  • Sociétaires
530 membres ont rejoint la coopérative, ce qui porte le capital social à 232 000 €
  • Subventions
Fondation de France, Conseil régional Île de France, Fondation Macif, Fondation Chèque Déjeuner. Partenariats Convention avec le Conseil Régional d'Île-de France, Convention avec les clubs CIGALEs, Charte éthique des IUT...
  • Équipe
Enercoop compte aujourd'hui quatre salariés.

Perspectives

Pour les prochaines années, Enercoop a des perspectives de développement ambitieuses mais néanmoins réalistes. En terme d’usagers, Enercoop a pour objectif d’alimenter en électricité renouvelable début 2009 près de 10 000 consommateurs d'électricité, dont plus de 4000 sur Paris et sa région.
Le nombre de producteurs admis au sein d’Enercoop va augmenter simultanément pour garantir l’équilibre entre énergie " verte " injectée sur le réseau de distribution et quantités soutirées par les usagers de la coopérative.

Site Web



Les avis de consommateurs sur Enercoop


* Dans ce cas précis (Enercoop) la raison d'un changement n'est bien évidemment pas l'économie éventuelle mais bien l'encouragement des énergies renouvelables, puisque le tarif actuel est déjà plus élevé que celui d'EDF.

A titre d'exemple, pour un contrat 6KVA sans heures creuses :
EDF : abonnement de 61,05 € annuel + 0,1311 € le kWh
Enercoop : abonnement de 117 € annuel + 0,1397 € le kWh

* Choisir Enercoop est une action militante, car il y a un surcout d'environ 30% sur la facture. Néanmoins le choix s'est imposé de lui même. Je suis convaincu que nous avons besoin de développer les énergies renouvelables et Enercoop est selon moi le seul acteur qui favorise ce développement.

* Jacques Weber



Que l’angoisse face aux crises énergétiques qui s’annoncent et la libéralisation des marchés ait donné lieu au développement d’un néocapitalisme vert est une triste réalité. Les traders en tout genre fleurissent en effet : Poweo, Direct Énergie et j’en passe.


Assimiler l’initiative d’Enercoop à cette mouvance est pour le moins un raccourci rapide et fâcheux. Ceux qui ont participé à la session énergie et transports de l’Université d’été 2005, à laquelle avait participé l’un des fondateurs de cette coopérative, pourront en témoigner : même si leur accroche comporte des éléments fort contestables (les électrons ne sont ni verts ni rouges), la démarche d’Enercoop est d’une autre nature. Il ne s’agit pas d’une coopérative de production ordinaire mais d’une Société coopérative d’Intérêt collectif (www.scic.coop/). Ce type de coopérative pourrait bien représenter l’une des formes réalisable ici et maintenant, de services publics décentralisés mettant autour d’une même table salariés, collectivités locales et usagers... Une sorte de retour à ce qu’aurait pu/dû être les services publics créés ou conservés, pour ceux qui existaient avant, par la loi de 1946.
Alors, dans cette campagne de défense du service public, ne nous trompons pas d’ennemi, Énercoop et ses membres fondateurs (dont des fondateurs d’Attac...) n’est pas dans le camp des traders, même si son placard publicitaire est un peu commercial.
Nier toute forme d’« utilité sociale » à cette coopérative : au nom de quoi, de qui ? Ce type de jugement à l’emporte-pièce contribue à nous priver d’alliés précieux dans notre défense des services publics (campagne Marchew). La faiblesse des mouvements de défense d’EDF lors du vote de la loi de changement de statut a, on peut le craindre, été accentuée par les divisions qui opposent depuis des dizaines d’années les mouvements « écologistes » et les mouvements « sociaux ».
Alors dénonçons les vrais traders, dénonçons Poweo, dénonçons l’influence grandissante de Powernext, ne nous trompons pas d’adversaires.

  À propos d’Énercoop et de l’électricité « verte » (suite)

Pour reprendre une remarque que me faisait au téléphone Benjamin Dessus, l’une des difficultés à laquelle nous nous heurtons sur ces questions énergétiques est qu’il y a des vraies contradictions, des vraies difficultés et que dès que l’on tente de les aborder de face, de les poser sur la table sans à priori, les tenants de telle ou telle « solution » se barricadent dans leurs certitudes et refusent d’entendre quoi que ce soit dans les interrogations de ceux qui sont catalogués « en face ». C’était l’un de mes constats au moment du vote de la loi de changement de statut d’Edf, et je crois que cette attitude a, entre autres raisons, miné la popularité de la défense de ce service public, d’où le « bide » de la mobilisation que j’évoquais précédemment. Mais j’étais ce jour là Boulevard de Bonne nouvelle à distribuer des tracts d’Attac, et c’était fort triste.
Je livre ci-dessous, un peu en vrac, quelques remarques et interrogations qui me semblent devoir être un jour ou l’autre abordées.
- Tous les acteurs de la scène énergétique se sont lancés à corps perdu, à des titres divers, dans le « vert » : Edf, Areva (OPA « amicale » sur l’allemand REpower Systems), BP Solar, Total environnement, Poweo, etc. Cette remarque m’avait fait parler en 2004, lors d’une intervention à l’Université d’été d’Attac, de néocapitalisme vert, ce qui avait donné lieu à un échange (fructueux, d’ailleurs) avec Sven Giegold, d’Attac Allemagne. Ce dernier avait souligné certains aspects originaux de l’expérience allemande, qui va bien au delà de planter partout des éoliennes.
- Ce qui différencie Énercoop des autres acteurs n’est justement pas le « vert ». Leur propos pose la question des énergies décentralisées, du rôle des collectivités locales (c’est une SCIC), pose la question de la répartition des pouvoirs dans l’entreprise, en y incluant les salariés et les usagers (voir les ambitions historiques des EPIC créés en 1946). Je n’ai aucune raison, compte tenu de la nature de certains des membres fondateurs de la coopérative, de mettre en doute la réalité de ce propos. Et c’est en ce sens là que nous sommes à des années-lumière de la démarche des autres « fournisseurs » qui achètent et vendent des kWh sur Powernext. L’« utilité sociale » d’institutions comme les Scic a été soulignée par de nombreuses personnes, y compris certains qui se sont exprimés sur la liste Marchew [1]. Tout cela ne veut pas dire qu’Énercoop ne souffre pas elle même de contradictions, tenter de les cerner ne passe pas, à mon avis, par un tir de barrage.
Quelques questions, qui peuvent éventuellement fâcher :
- Pourquoi EDF a-t-elle quitté la démocratie, bien avant d’être privatisée ?
- Pourquoi les syndicats dominants ne dénoncent-ils pas publiquement (n’ont-ils pas dénoncé avant) cet abandon de la démocratie qui était pourtant inscrite dans les statuts initiaux ?
- Comment articuler les différents niveaux (local, régional, national, international) d’interventions des acteurs de la scène énergétique (et là je pense être en plein accord avec les remarques de Christiane [2]) ?
- Pourquoi Greenpeace (qui n’est pas, elle non plus exempte de contradictions..., mais de l’ordre de 100 000 adhérents en France tout de même, dont de nombreux jeunes) appelle-t-elle à quitter Edf ?
- Pourquoi certains maires ou responsables locaux, verts et anti-libéraux, se heurtent-ils trop souvent à Edf (ou maintenant RTE) dès qu’ils tentent de pousser des initiatives au niveau local ?
- Pourquoi les défenseurs de la politique centralisée, quand ils sont impliqués dans le combat contre le néolibéralisme, ne dénoncent-ils pas les truquages des calculs du coût réel du nucléaire ; indépendamment du choix de la source, ce qui est une autre question ? Je suis un peu matheux, nous savons très bien qu’avec un petit jeu sur les taux d’actualisation on peut faire dire ce que l’on veut aux chiffres dans le cadre d’investissement à plus de 50 ans... Les cadres d’Edf de la grande époque des services publics étaient passés maîtres dans l’art de ces jeux sur les taux quand ils voulaient pousser ou démolir un projet d’investissement lourd (centrale, barrage hydroélectrique ou autre).

 À propos du cas de l’Allemagne

La politique énergétique allemande est souvent fortement caricaturée en France. Cette caricature porte sur deux points principaux :
- nos voisins sont perçus comme couvrant leur pays d’éoliennes.
- les performances de l’Allemagne sont inférieures à celles de la France en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre.
Ces deux points, qui sont évidemment fortement reliés, montrent une ignorance de la politique suivie depuis bientôt dix ans par notre voisin, et ce malgré des fluctuations importantes de majorités au Parlement.
L’Allemagne part d’une situation très dégradée
Le système énergétique allemand fait largement appel à des sources fortement émettrices de gaz à effet de serre :
- Dans la production électrique la part des centrales au charbon et, pire, au lignite a été longtemps dominante.
- Dans les domaines des transports la part de la route est écrasante.
Il n’est donc pas étonnant qu’un pays fortement industrialisé soit, dans de telles conditions, un grand émetteur de gaz à effet de serre, essentiellement du CO2. Dans les années 1990, l’Allemagne émettait pratiquement deux fois plus de CO2 par habitant que la France. Alors que l’émission de CO2 n’a pas varié chez nous depuis cette date, l’Allemagne connaît une diminution de ses émissions (-15% en 2004 par rapport à 1990).
Une politique énergétique globale sur le long terme
Le programme allemand de réduction d’émission des gaz à effet de serre part du constat, qui est applicable chez nous également, que plus de 40% de ces émissions sont liées à la production de chaleur basse température (chauffage des locaux et production d’eau chaude) et plus de 30% sont liées aux transports.
La mesure principale concerne donc la baisse de la consommation énergétique partout où cela est techniquement réalisable. Un second groupe de mesures concerne l’efficacité du système énergétique. Pour citer un exemple, toute production d’électricité par des moyens thermiques produit de la chaleur. Cette chaleur peut être réutilisée pour les besoins de chauffage et de production d’eau chaude (cogénération) au lieu d’être évacuée dans les fleuves ou l’air ambiant. Le troisième groupe de mesures, qui n’aurait aucun sens sans les deux premiers, concerne l’augmentation de la part des énergies renouvelables (tant pour la production d’électricité que de chaleur).
Le premier résultat, visible pour tout voyageur qui traverse le pays, est un changement profond dans les techniques de construction et de rénovation (point le plus problématique) dans le bâtiment. Alors que les dernières normes françaises visent à une consommation de chaleur des bâtiments de 50 kWh/m2/an (200 pour les constructions anciennes), les maisons passives (passive haus) ne dépassent pas 15 kWh/m2/an, avec les mêmes conditions de confort.
Nous sommes loin de la vision centrée sur la seule production d’électricité par des éoliennes.
Ce type de politique suppose une dimension multi-sectorielle, le service énergétique n’est plus simplement chargé de produire, forme d’énergie par forme d’énergie, le plus possible au meilleur coût, il est responsable d’une harmonisation globale des besoins en services énergétiques. Attitude radicalement différente.
Une tradition de décentralisation
Lors de la création, en France, des grands établissements de service public - EDF et GDF, en 1946 - l’objectif était de remplacer les secteurs capitalistes par des services publics. Là où existaient des services publics locaux ils ont été maintenus (régies intercommunales). On oublie un peu facilement ce point dans les débats actuels. Il est vrai que ces services ne couvrent que 5% de la consommation électrique, mais ils illustrent bien ce que pourraient être les composantes décentralisées d’un service public de l’énergie. Dans ce type de démarche, la structure des SCIC est une possibilité applicable ici et maintenant.
L’Allemagne est par son histoire un pays décentralisé. Cela ne veut pas dire que toutes les entreprises chargées de services énergétiques soient des services publics, loin de là, mais il y en a, sous forme de coopératives communales, par exemple (voir les exposés de Sven Giegold).
L’intérêt de l’approche décentralisée est dans la structure de la consommation : la majorité des besoins de services énergétiques sont eux même décentralisés et concernent des formes d’énergies différentes (chaleur et électricité, par exemple).
Une illustration négative de ce qui précède : les tours de la Défense sont flanquées de tours auxiliaires de climatisation, chargées de produire du chaud en hiver et du froid en été, à grands renforts de consommation électrique. Tout cela, simplement, pour palier une conception architecturale délirante. Techniquement il est tout à fait pensable de créer des tours à bilan énergétique quasi nul... Il s’en construit une actuellement à... New York. Il est clair que dans le cas de la Défense le problème de la réhabilitation ne va pas être une petite affaire.
Des objectifs très ambitieux que seule une volonté politique pourra faire aboutir
L’ambition du ministère fédéral de l’environnement, présenté en avril 2007, est de réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre de l’Allemagne à l’horizon 2020. Cette diminution est deux fois plus importante que celle exigée par la Commission européenne. La réalisation de cet objectif passe par des mesures techniques contraignantes et des mesures financières. L’avenir dira si la volonté politique dépassera les intérêts des lobbies divers.
Si l’Allemagne atteint ces objectifs, elle sera plus « vertueuse », en 2020, que la France vis-à-vis de la question climatique, et, surtout, aura profondément transformé ses infrastructures, ce qui est un investissement à long terme.
N’oublions pas qu’au niveau mondial, la question climatique, la question de l’épuisement des ressources (ce qui vient d’être dit sur l’énergie pourrait être repris sur la question de l’eau) seront déterminantes dans l’évolution de la planète vers une situation de guerre de tous contre tous ou d’un autre monde possible. Ce qui m’inquiète dans la façon dont nous prenons ces questions est que chacun semble défendre ses certitudes. Il n’y a pas de voie toute tracée, les contradictions sont nombreuses, refuser de les aborder est la pire des attitudes.
Jacques Weber

jeudi 12 janvier 2012

La guerre secrète contre la bombe iranienne


Un spécialiste du nucléaire a été assassiné mercredi en Iran.

Côté pile, une guerre des mots exacerbée par les menaces iraniennes de bloquer le détroit d'Ormuz, par où transitent 35 % du brut mondial. Côté face, une guerre clandestine qui fait rage contre la bombe nucléaire iranienne.
Mostafa Ahmadi Roshan, un spécialiste du nucléaire qui travaillait à Natanz, le principal site iranien d'enrichissement d'uranium, qui abrite 8000 centrifugeuses, a été assassiné mercredi dans l'explosion de sa voiture à Téhéran. Après Massoud Ali Mohammadi, Majid Shahriari et Darioush Rezai, c'est le quatrième scientifique iranien tué depuis janvier 2010. Les autorités iraniennes ont tout de suite accusé Israël et prévenu que les pressions internationales ne détourneront pas Téhéran de sa route vers le nucléaire.
Face aux récents progrès du programme militaire iranien, confirmés en novembre par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'État hébreu, épaulé par ses alliés occidentaux qui prennent de nouvelles sanctions contre Téhéran, a passé la vitesse supérieure et multiplié les opérations clandestines visant à ralentir la marche vers la bombe atomique chiite. Le chef d'état-major de l'armée israélienne, Benny Gantz, a reconnu il y a peu qu'il se passerait des «événements inhabituels » en 2012 en Iran.

Cyberguerre

«Le but est d'empêcher que l'Iran ne franchisse le seuil nucléaire », explique François Heisbourg, expert à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). «En Israël, on appelle cela tondre le gazon. » Encore hésitantes sur une intervention militaire, les autorités israéliennes tentent de freiner par d'autres moyens le programme nucléaire iranien. «Faire disparaître les scientifiques est l'une des manières de rendre les choses plus difficiles et de gagner du temps. On aurait dû commencer plus tôt », commentait récemment Efraim Inbar, de l'université Bar-Ilan à Jérusalem.
L'assassinat d'experts nucléaires n'est que l'une des facettes de cette guerre de l'ombre qui s'appuie aussi sur des attaques informatiques, des sabotages et des exfiltrations de transfuges. L'an dernier, le virus informatique Stuxnet, en infectant plus de 30.000 ordinateurs, a suffisamment endommagé les centrifugeuses pour retarder le programme iranien pendant six mois. «Depuis, cela s'est compliqué. Les Iraniens ont commencé à supprimer les ports USB de leurs ordinateurs », affirme Shlomo Brom de l'Institut pour les études de sécurité nationale de Tel-Aviv. Mais un autre virus, Duqu, s'est malgré tout faufilé jusqu'aux installations clandestines de la République islamique, en novembre dernier.

Tsahal, l'armée israélienne, reste mutique sur la partie offensive de son programme de cyberguerre. Mais les spécialistes reconnaissent que les moyens déployés sont importants. Quant aux images satellites de la mystérieuse explosion qui a eu lieu le mois dernier dans une base de missiles, elles font davantage penser à une attaque de drone ou à un sabotage de l'intérieur qu'à un accident industriel, comme l'ont prétendu les autorités iraniennes.
Nul ne sait avec certitude quels États participent à cette guerre clandestine. Mais le New Yorkera révélé il y a plusieurs années que le Congrès américain avait alloué des fonds à la Maison-Blanche pour financer des opérations spéciales visant le programme nucléaire iranien. Les spécialistes du dossier reconnaissent par ailleurs une certaine «union sacrée » sur le sujet entre le Mossad israélien et les services de renseignements occidentaux, notamment américains, britanniques et français.

Parallèle avec l'Irak

La méthode a déjà été testée en Irak. «Avant de bombarder le réacteur nucléaire d'Osirak, les Israéliens avaient tondu le gazon. Ils avaient assassiné plusieurs scientifiques, dont certains à l'étranger. Ils avaient aussi, en faisant sauter la cuve du réacteur Osirak à la Seyne-sur-Mer en 1979, retardé pendant deux ans sa construction en France », poursuit François Heisbourg. Ce n'est que plusieurs années plus tard, alors que l'herbe avait repoussé, qu'après un dur débat interne, les autorités israéliennes s'étaient résignées à bombarder Osirak, avant que le combustible ne soit chargé dans le réacteur. Le répit ainsi obtenu avait permis de retarder le programme irakien, qui fut ensuite définitivement enterré par les deux guerres du Golfe…
Pour les experts, le parallèle entre l'Iran et l'Irak est troublant. «La décision d'attaquer Osirak avait été prise avec l'idée d'obtenir un délai d'un à cinq ans et non pas de régler définitivement le problème du nucléaire irakien », rappelle Camille Grand, le directeur de la Fondation pour la recherche stratégique. Si le calcul politique de Tel-Aviv vis-à-vis de Téhéran est le même - gagner du temps - l'éventualité d'une intervention militaire israélienne contre les installations iraniennes prend une dimension nouvelle. D'autant plus que depuis le bombardement d'Osirak, en 1981, les moyens de frappe sont devenus à la fois plus furtifs et plus efficaces…

Le rapport qui va jeter le trouble dans la campagne

Quels sont les coûts complets de la filière ? La Cour des comptes, dans un rapport à paraître le 31 janvier, laisse la question entière. Pointant les "incertitudes" des estimations actuelles, elle demande des "devis réalistes" sur la gestion des déchets et une expertise indépendante des charges de démantèlement.


Marie-Caroline Lopez et Valérie SegondLoin de clore le débat actuel sur le nucléaire en France, le rapport que va publier fin janvier la Cour des comptes sur les coûts de cette industrie ne fera que le lancer. Les conclusions - d'une version non définitive - de ce rapport, que La Tribune s'est procurées, sont sans ambiguïté. Prolixe sur les coûts du passé (construction du parc, recherche) et actuels (maintenance, exploitation), la Cour fait part des "incertitudes importantes" sur les coûts à venir, liés en particulier au démantèlement des centrales et à la gestion des déchets de longue durée. Confortant ainsi l'un des principaux arguments des opposants au nucléaire (voir ci-contre).
Quant aux coûts de la sûreté, voués à une flambée certaine depuis la remise, la semaine dernière, par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) de son rapport sur les travaux à effectuer sur le parc français pour tirer les leçons de Fukushima, ils seront à peine évoqués. Comment la Cour des comptes peut-elle, ainsi que le précise le Premier ministre dans sa lettre de mission de mai dernier, "expertiser les données fournies par les opérateurs" avant le 31 janvier alors qu'EDF a jusqu'en juin pour réaliser son devis des travaux exigés par l'ASN ? D'évidence, le gouvernement ne voulait pas retarder après la présidentielle la publication de ce rapport, dont il espère qu'il confortera ses positions en faveur du nucléaire.
André-Claude Lacoste, président de l'ASN, a néanmoins été auditionné mardi 10 janvier rue Cambon. En l'absence de chiffrage détaillé d'EDF, il s'est contenté de donner son avis sur le devis avancé par l'électricien la semaine dernière, autour de 10 milliards d'euros. "Ces chiffres lui semblent un peu optimistes", avance une source proche. Dès le lendemain, mercredi 11 janvier, les douze experts qui "assistent" la Cour dans ce travail recevaient le projet de rapport final, avant une dernière réunion programmée lundi 16 janvier. Ce qui laisse décidément très peu de temps pour intégrer dans ce rapport les conséquences de Fukushima dans la facture nucléaire française.
Après avoir - longuement - établi que la seule construction du parc nucléaire actuel avait coûté 96 milliards d'euros (sur des dépenses nucléaires civiles totales - recherche, usines Areva, réacteurs arrêtés... - de 227,8 milliards d'euros), soit 1,5 milliard le mégawatt (MW) installé (contre 3,7 milliards le MW pour l'EPR, souligne la Cour), le rapport scrute les investissements à consentir en matière de démantèlement et de gestion des déchets. Et ces deux questions clés restent sans réponse, faute d'avancées concrètes de la part des opérateurs.
Les charges liées au démantèlement sont estimées à 22,2 milliards d'euros. Mais la Cour recommande la plus grande prudence sur ces chiffres qui "doivent être regardés avec précaution, l'expérience en la matière, tant d'EDF [centrales de première génération] que du CEA ou d'Areva, ayant montré que les devis ont très généralement tendance à augmenter quand les opérations se précisent, d'autant plus que les comparaisons internationales donnent des résultats très généralement supérieurs aux estimations d'EDF" (voir l'exemple britannique). La Cour demande d'ailleurs qu'EDF change de méthode pour le calcul de ses provisions de démantèlement. L'actuelle "ne permet pas un suivi suffisamment précis des évolutions de ces provisions".
 
Chiffrer l'hypothèse d'un stockage

Surtout, la Cour des comptes "confirme la nécessité et l'urgence de faire réaliser, comme l'envisage la DGEC [aux ministères de l'Énergie et de l'Écologie], "des audits techniques par des cabinets et des experts extérieurs afin de valider les paramètres techniques" de la nouvelle méthode de calcul préconisée. "Nul doute qu'il n'y a rien de nouveau depuis le précédent rapport de la Cour sur ces coûts en 2005-2006, souligne un expert. On en saura plus seulement lorsqu'EDF aura avancé dans le démantèlement du réacteur de Chooz A, à l'arrêt depuis 1991, qui sera le premier réacteur à eau pressurisée à être déconstruit." Les réacteurs précédemment stoppés appartenaient à une autre technique (graphite-gaz), les méthodes ne sont donc pas comparables. Les coûts non plus.
Quant aux provisions sur les coûts de la gestion des déchets de longue durée, "elles ne sont pas stabilisées", affirme la Cour. Elles reposent sur un devis de l'Andra de 2003 qui a, depuis, plus que doublé, passant de 15 à 35 milliards d'euros, "il y a donc un doute manifeste sur le bon niveau des provisions d'EDF, d'Areva et du CEA", écrit la Cour. Elle recommande que "soit rapidement fixé le nouveau devis sur le coût de stockage géologique profond, de la manière la plus réaliste possible, c'est-à-dire en tenant compte des résultats des recherches menées sur ce sujet mais sans anticiper sur leurs résultat". Enfin, au détour de sa deuxième recommandation sur les déchets, la Cour pointe les limites du credo français en matière de retraitement des combustibles. Elle demande en effet à l'Andra d'étudier, en la chiffrant, l'hypothèse d'un stockage, dans son futur centre souterrain, des combustibles usés mox et uranium (déjà retraité une première fois) sortant des centrales. Le mythe du recyclage continue de s'effondrer.

POUR QUE LES POLITICIENS SOIENT MOBILISES SUR LES CATASTROPHES NUCLEAIRES



Sur Facebook une initiative positive.
Entrez dans la danse!
Le dimanche 6 mai 2012
Malgré une liste longue de catastrophes nucléaires, de nombreux élus restent fermement pro-nucléaires. 


Maintenant, imaginez qu'une "LOI DE LA RESPONSABILITE NUCLEAIRE" soit votée et qu'elle oblige ceci :


"Tout élu politique au départ de son mandat doit se positionner pour ou contre l'énergie atomique. Dans un soucis de responsabilité, d'équité et de justice sociale, les élus qui se seront positionnés favorablement seront mobilisés les premiers sur les lieux en cas de catastrophe nucléaire"


Pensez-vous un instant que les élus politiques pro-nucléaires, depuis les maires jusqu'au président de la République, persévèreraient dans la politique nucléaire de la France ?


Cette page évènementiel a pour objectifs :
- de mobiliser un maximum de personnes présentes sur Facebook favorables à cette résolution
- de mobiliser des compétences et du temps pour faire progresser cette idée jusqu'aux élections présidentielles du 6 mai 2012.


L'inscription n'oblige en rien à l'implication, conscients qu'il y a tant de combats à mener et de l'amour au quotidien à partager. Toutefois, chaque inscription est un appel en plus sur la toile pour dire stop à l'irresponsabilité - ou bien au partage des conséquences.


Il est donc important de vous inscrire. Selon l'impact de cette initiative il y aura ou pas un évènement prévu le jour des élections, mais ce n'est pas la priorité. Le véritable évènement est de nous mobiliser de manière virale : c'est-à-dire par Internet. Le 6 mai 2012 est en fait notre échéance, notre challenge.


N'hésitez pas à venir diffuser vos informations, appels à mobilisation, associations, blogs, etc.


Ca ne coûte rien, ça ne prend pas beaucoup de temps, et ça peut être très efficace : mobilisez vos réseaux. Tous vos réseaux. Pour dire STOP AU NUCLEAIRE.


Au nom de la planète et des enfants, merci.
Boris Aubligine
Aujourd'hui nous avons passé la barre des 2000 invités. Merci à tou/tes ceux qui mobilisent leur réseau. L'idée se diffuse c'est important. pour le moment nous sommes sur la partie basse de l'exponentielle.

Je rappelle, tout le monde peut laisser des messages de colère, d'espoir, des idées, des invitations, des liens... et tout le monde peut venir piocher ce qu'il veut.

Si vous faites partie d'un réseau, n'hésitez pas à me contacter il est tout à fait possible de travailler ensemble pour faire progresser cette idée et gageons qu'elle devienne une réalité.

Merci à toutes et à tous.
https://www.facebook.com/events/228425930569929

samedi 7 janvier 2012

Fillon appuie un projet d'Areva auprès de son homologue tchèque


Fillon appuie un projet d'Areva auprès de son homologue tchèque

PARIS - Le Premier ministre François Fillon a réaffirmé le soutien du gouvernement français à la candidature d'Areva pour la construction de réacteurs nucléaires à la centrale de Temelin, vendredi, lors d'un entretien avec son homologue tchèque Petr Necas, a indiqué Matignon.

La coopération franco-tchèque dans le domaine de lénergie nucléaire a été lun des principaux points évoqués, ont précisé les services du Premier ministre dans un communiqué.

Lors de cette rencontre de plus d'une heure, M. Fillon a réaffirmé le soutien du gouvernement français à loffre dAreva pour le projet de construction de nouveaux réacteurs sur le site de Temelin (sud-ouest).


:( La centrale nucléaire de Temelín, opérée par ČEZ, est située à proximité du village Temelín en Bohême du Sud en République tchèque, à 50 km de la frontière autrichienne et 60 km de la frontière allemande. Elle est composée de deux réacteurs et quatre tours de réfrigération d'une hauteur de 150 mètres. D'une superficie d'environ 1,45 km², le site emploie environ 1000 personnes. ):

Areva est en course avec le Russe Atomstroïexport et l'Américain Westinghouse dans l'appel d'offres pour la construction de deux nouveaux réacteurs. Les candidats ont jusqu'au 2 juillet 2012 pour déposer leurs offres. La décision finale est attendue en 2013.


Alors que Paris s'efforce de mettre en avant la qualité de son offre en matière de nucléaire civil, le chef du gouvernement a évoqué avec M. Necas les principales conclusions du rapport remis cette semaine par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) au sujet des tests de résistance des installations françaises, à la lumière de la catastrophe de Fukushima (Japon).

Selon l'ASN, ces installations présentent un niveau de sûreté suffisant. Mais elle a aussi jugé indispensable d'accroître leur robustesse.

Lors de l'entretien, MM. Fillon et Necas ont aussi abordé les questions européennes, notamment la mise en oeuvre des décisions prises lors du sommet du 9 décembre, d'après Matignon.

Le Premier ministre tchèque, qui n'a pas fait de déclaration, a souligné combien la stabilité et la solidité de la zone euro étaient importantes pour l'économie tchèque, a ajouté Matignon.

Membre de l'UE depuis 2004, Prague ne fait pas partie de la zone euro. Petr Necas a déclaré à plusieurs reprises que son gouvernement n'allait pas fixer de date pour l'adhésion de son pays pendant son mandat, qui expire en 2014.

Les deux dirigeants, qui ont signé l'an dernier un plan d'action 2011-2013 du partenariat stratégique, ont enfin convenu de la nécessité de promouvoir davantage nos échanges économiques, en particulier dans les hautes technologies et la coopération spatiale.

AREVA


(©AFP / 06 janvier 2012 14h24) 

vendredi 6 janvier 2012

La sécurité des centrales nucléaires va être renforcée


Un agent de sécurité de la centrale nucléaire de Chinon, lors de la visite du ministre de l'Intérieur Claude Guéant, le 6 janvier 2012. (© AFP Alain Jocard)
Equipes cynophiles, Taser pour les gendarmes, nouvelles caméras: le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a profité vendredi d'une visite à la centrale nucléaire de Chinon pour annoncer un renforcement des mesures de sécurité dans ces installations.
Un mois après l'incursion très médiatisée de militants de Greenpeace dans deux d'entre elles, début décembre, Claude Guéant, accompagné du président d'EDF Henri Proglio, s'est rendu à la centrale d'Avoine (Indre-et-Loire), près de Chinon. Le 5 décembre dernier, les militants de Greenpeace avaient dû se contenter d'y accrocher une banderole sur la clôture extérieure, tandis que d'autres militants parvenaient à s'introduire dans les centrales de Cruas (Ardèche) et de Nogent-sur-Seine (Aube).
Après une visite des équipements souvent ultramodernes de la gendarmerie, Claude Guéant a annoncé la signature d'un "protocole d'action commune" entre la gendarmerie et EDF pour renforcer la sécurité des centrales et dissuader des actions de type Greenpeace.
"L'objectif est de faire en sorte que la sécurité des installations contre les risques terroristes soit durcie afin que la sûreté des centrales soit elle-même garantie dans des conditions d'efficacité optimale", a déclaré Claude Guéant à la presse.

Des «centaines de millions d'euros» investis

Les pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG), unités qui assurent depuis 2009 la sécurité des centrales, vont être renforcés. Les quelque 150 km de clôtures que compte le parc nucléaire français vont être vérifiés et renforcés, et le nombre de caméras devrait passer d'environ 300 à 400 par site, a détaillé le directeur de la production nucléaire d'EDF, Dominique Minière.
Les gendarmes vont disposer d'un matériel plus adapté, notamment les controversés pistolets à impulsion électrique, de type Taser, pour les intrusions "non terroristes".
Facture totale: "plusieurs centaines de millions d'euros", selon Dominique Minière.
Un renforcement des sanctions pénales pour les auteurs d'intrusion dans les centrales est également envisagé, a souligné Claude Guéant, rappelant que la justice se prononcera sur le cas des militants de Greenpeace les 20 et 24 janvier prochains.
Dans les prochains mois, "le gouvernement sera très certainement amené à proposer au parlement une aggravation des sanctions", a prévenu le ministre.

Quelles conséquence pour les prix?

Déterminés à exposer les failles dans le système de sécurité des centrales, deux militants de Greenpeace étaient parvenus le 5 décembre à pénétrer dans la centrale de Cruas (Ardèche) et neuf autres dans celle de Nogent-sur-Seine (Aube). D'autres activistes avaient tenté d'entrer sur d'autres sites.
Henri Proglio a pour sa part été interrogé sur les conséquences sur les factures d'électricité des Français, des quelque 10 milliards supplémentaires d'EDF va devoir débourser pour renforcer la sûreté nucléaire de son parc et la sécurité des installations, comme l'y a enjoint l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dans un rapport remis début janvier.
"Il est clair qu'il y aura une évolution des tarifs qui est progressive, qui sera maîtrisée par les autorités, puisque pour l'instant ces prix sont régulés et vont le rester jusqu'en 2015", a déclaré Henri Proglio à la presse à l'issue d'une visite de la centrale nucléaire de Chinon aux côtés du ministre de l'Intérieur Claude Guéant. "Les tarifs évolueront lentement", a-t-il ajouté.
"On aura un prix de l'électricité qui de toute façon en valeur absolue restera le plus bas, et en valeur relative augmentera beaucoup moins vite que dans les autres pays européens", a-t-il souligné.
(AFP)