samedi 17 décembre 2011

Le thorium, l'atome vert



La catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, a mis une pression immense sur les pays producteurs d'énergie nucléaire. Face aux craintes de leurs populations, certains gouvernements ont pris la décision d'arrêter et de démanteler, dans un avenir proche, leurs installations nucléaires existantes, ainsi que d'écarter la filière nucléaire de leur politique énergétique future.


Or la disponibilité des énergies fossiles diminue, le solaire et l'éolien ne sont pas encore capables de prendre le relais totalement. Mais au-delà des émotions, on aperçoit d'autres solutions, nucléaires elles aussi, révolutionnaires et pourtant déjà largement testées, et qui permettraient de régler les deux principaux reproches faits aux centrales actuelles : la sécurité et les déchets. Il s'agit d'une idée développée dans les années 50 à 70, puis perfectionnée dans les années 90 : les centrales fonctionnant au thorium et non pas à l'uranium ou au plutonium.

Les réacteurs au thorium démontrent des qualités de sécurité intrinsèques exceptionnelles, que ce soit par leur forte capacité autorégulatrice, la facilité des arrêts d'urgence, l'absence de risque d'explosion et de fonte du réacteur. Avec une densité énergétique au kilogramme 200 fois supérieure à celle de l'uranium, nous disposons de réserves mondiales de thorium, réparties sur tous les continents, pour 10 000 ans au moins. La durée de vie des déchets se compte en centaines d'années, et non en centaines de milliers d'années, et leur volume est considérablement inférieur.

Les caractéristiques du thorium rendent la fabrication d'une bombe atomique pratiquement inaccessible et, cerise sur le gâteau, les déchets actuels et le plutonium militaire peuvent être incinérés dans le coeur des centrales au thorium. Plusieurs gouvernements s'y intéressent de près. L'Inde et la Chine ont entrepris de développer des centrales au thorium à l'échelle industrielle.

Si cette technologie est encore méconnue du grand public, il est cependant indispensable qu'elle soit intégrée au débat. Elle présente trop d'avantages pour être ignorée. Il est indispensable que les politiciens, tout comme les citoyens, aient connaissance de cette technologie. Ce livre présente de manière accessible cette voie prometteuse à de nombreux égards.

Biographie de l'auteur

Actif dans le monde de l'économie, Jean-Christophe de Mestral a étudié la physique en Angleterre. Cette discipline a toujours été une passion, née d'un besoin quasi compulsif de comprendre notre environnement. Aujourd'hui administrateur de sociétés dans des domaines aussi divers que la fabrication de cristaux, la finance et les lasers, il a été également élu à la municipalité de sa ville de résidence. Conscient des enjeux technologiques, économiques et politiques, il s'engage pour que tous les acteurs politiques disposent d'une information complète pour un véritable débat sur le nucléaire.

mercredi 14 décembre 2011

Le nucléaire : déverrouiller le débat


Christian BAUDELOT

Les appels à l’ouverture du débat démocratique sur le nucléaire en France se
multiplient.
Un ouvrage présente de façon claire, documentée et efficace les arguments
qui peuvent peser en faveur d’une transition énergétique.
Recensé :  Benjamin Dessus, Bernard Laponche,  En finir avec le nucléaire :  Pourquoi et
Comment ?, Éditions du Seuil, 2011, 170 p., 13€

Un livre qui tombe à pic. À l’heure où la question du nucléaire refait enfin surface
dans le débat politique, il est important d’y voir clair. Et surtout de dépasser le niveau
affligeant auquel les politiciens de gauche comme de droite cantonnent aujourd’hui le débat
sur une question vitale pour notre société, bien sûr, mais aussi pour celles de tous nos voisins,
les nuages radioactifs respectant rarement le tracé des frontières entre les États. Depuis des
décennies, le débat démocratique sur l’énergie nucléaire est verrouillé, l’intervention
citoyenne étouffée. Le domaine relève de la Raison d’État. Il est impossible et impensable de
renoncer au nucléaire en France : la poursuite à l’identique de la politique nucléaire actuelle
est inéluctable. Remettre en question ce dogme, c’est à la fois porter atteinte à la raison et à la
patrie. Les citoyens ont de moins en moins la parole sur les sujets de société qui les
concernent au premier chef.
Pourquoi sortir du nucléaire ?
Le grand mérite de Benjamin Dessus et de Bernard Laponche est d’offrir au citoyen
ordinaire, dans un style simple et compréhensible, un plaidoyer rationnel, argumenté et
solidement documenté en faveur de la sortie du nucléaire. Les cartes sont abattues dès la page
de couverture : En finir avec le nucléaire, mais le plus intéressant dans l’ouvrage ce n’est pas
le titre mais ce qu’annonce le sous-titre : Pourquoi et Comment ?2
Les deux auteurs sont des spécialistes reconnus des questions énergétiques. Ils ont
respectivement travaillé à l’Edf et au Commissariat à l’énergie atomique avant d’occuper l’un
et l’autre des postes de responsabilité à l’Agence française pour la maîtrise de l’énergie. Ils
publient depuis une vingtaine d’années des ouvrages et des articles sur les dimensions à la fois
technologiques et économiques de la question.
Les raisons d’en finir avec le nucléaire sont connues : elles ont trait à la protection de
l’espèce humaine et de la planète. Rien de moins. Des accidents graves se sont produits à
Three Miles Island, Tchernobyl et Fukushima. C’est une illusion de penser que le parc
nucléaire français se trouve sur le long terme à l’abri d’une catastrophe du même genre, voire
pire. D’autant que l’usage du mox comme combustible aggrave considérablement les risques.
À supposer qu’il ne s’en produise pas, la gestion des déchets nucléaires est loin d’être réglée,
sur le moyen, mais surtout sur le long terme. La propagation inconsidérée des technologies
nucléaires risque aussi d’accroître fortement les risques de conflit, chantage ou d’agression
nucléaire.
Les auteurs ne sont pas les premiers à le dire tant ce diagnostic est désormais une
évidence. Au point que nos voisins immédiats, l’Allemagne, l’Italie, la Suisse et la Belgique
ont renoncé ou sont en train de renoncer à une technologie comportant autant de risques pour
les générations d’aujourd’hui et de demain.
Mais l’essentiel de l’ouvrage n’est pas là. Il est dans la richesse de la documentation et
la pertinence de l’argumentation qui mettent à mal bien des certitudes établies. Entre autres
l’idée fréquemment martelée que la France est trop engagée dans le processus pour envisager
de sortir du nucléaire sans nous ramener à l’ère de la bougie. Une analyse serrée des coûts
montre en effet que le bilan économique et social d’un scénario de transition énergétique et de
sortie du nucléaire dans vingt ans est non seulement possible mais peut se révéler positif en
termes de lutte contre la précarité et pour l’emploi.
Beaucoup des arguments avancés par les thuriféraires du nucléaire se révèlent être de
purs mensonges, entre autres celui de l’indépendance énergétique que les centrales nucléaires
assureraient de façon durable à notre pays. Curieusement, les bilans énergétiques officiels
passent entièrement sous silence l’achat de l’uranium. Or cette matière nécessaire à la
production d’énergie nucléaire est entièrement importée. Nous dépendons dans ce domaine du 3
bon vouloir du Canada, du Niger et du Kazakhstan. Les scénarios de poursuite du nucléaire
offrent ainsi plus d’aléas économiques et financiers que les scénarios de sortie du nucléaire. Et
les coûts engendrés par la sortie ne sont pas nécessairement supérieurs à ceux d’un maintien
du statu quo.
Les atouts de la transition énergétique
Ce sont ces scénarios positifs, clairement exposés, qui constituent la partie la plus
neuve et la plus passionnante de l’ouvrage. Sans doute méritent-ils d’être discutés dans le
cadre d’un débat à la fois scientifique et démocratique. Mais l’essentiel est qu’ils sont
désormais mis à la portée  d’un large public, sous une forme compréhensible par tous avec
leurs avantages et leurs inconvénients, les premiers semblant de loin l’emporter. Pour les
auteurs, la transition énergétique repose sur trois principes d’action :
• La sobriété énergétique
• L’efficacité énergétique
• Le recours aux énergies renouvelables
Immense est encore en effet la marge de manœuvre constituée par les seules économies
d’énergie réalisables par des réductions de consommation d’électricité. Sans qu’on s’en soit
vraiment aperçu, depuis trente ans, la consommation d’énergie a diminué relativement dans
les pays européens : entre 1979 et 2007, la consommation d’énergie par habitant n’a augmenté
que de 6% alors que le produit intérieur brut par habitant a cru de 67 %. Ces économies
proviennent en partie des modifications structurelles des économies des pays européens mais
aussi de l’amélioration de l’efficacité énergétique, dans l’industrie et dans les bâtiments.
D’immenses marges de manœuvre restent encore ouvertes. L’Allemagne s’est engagée dans
cette voie depuis longtemps et les résultats sont là. Pas la France. Et pourtant ! En 1998, les
allemands consommaient la même quantité d’énergie domestique par habitant que les français
(950 kWh par habitant). Dix ans plus tard, ils en consomment autant et nous, 28 % de plus
(1230kWh par habitant). Cet écart de 28 % de plus s’explique par une volonté politique
allemande de maîtriser au mieux la consommation électrique des ménages par des politiques
incitatives auprès des producteurs d’appareils, des taxes énergie et CO2, etc.
Les auteurs imaginent, à la fin du livre, ce que représenterait concrètement pour notre
pays, année par année, un scénario de sortie du nucléaire à l’allemande. Scénario réaliste
donc. La fermeture successive des réacteurs choisis en fonction de leur état et construits de
1977 à 1985 ferait baisser la production nucléaire de 409 TWh en 2009 à 180 TWh en 2020. 4
Comment alors répondre aux besoins d’électricité de la population française en 2020 ? La
priorité doit être donnée aux économies d’électricité dans les différents secteurs dont le
résidentiel et le tertiaire qui représente à lui seul les deux tiers de la consommation électrique.
Une politique volontariste d’économie d’électricité pourrait ainsi permettre de faire chuter  le
besoin de production d’électricité en France, de 516 TWh en 2009, à 390 en 2020 et 340 en
2031, tout en maintenant le confort des français. Des économies de l’ordre de 50 % sont
possibles dans les domaines du chauffage domestique, de l’eau chaude sanitaire, du froid, de
l’éclairage privé et public ; de la climatisation, de la bureautique, de l’électroménager, en
particulier par une politique de rénovation thermique des bâtiments et une éradication
progressive des chauffages électriques.
Le second volet du scénario concerne le remplacement du nucléaire. Les projections
actuelles permettent de concevoir à l’horizon 2031 une production de 110 à 140 TWh
d’éolien, de 40 TWh d’électricité biomasse, de 50 à 70 TWh de voltaïque, 10 à 20 d’autres
renouvelables (géothermie, énergies marines, hydraulique… Bref, on pourrait y arriver ! Une
chose est sûre et les auteurs ont raison de le rappeler dans leur conclusion : le splendide
isolement de la France dans le domaine de l’énergie nucléaire risque de nous coûter très cher.
Publié dans laviedesidees.fr, le 13 décembre 2011
© laviedesidees.f

mercredi 7 décembre 2011

Enrayer l’engrenage pro-nucléaire


Bonjour,
Aujourd’hui, l’UMP lance une vaste campagne de propagande en faveur de l’atome, à coups de millions d’affiches et de tracts... et de centaines de milliers d’euros. La bataille électorale a commencé, et la sortie du nucléaire en est déjà l’un des principaux enjeux.
Sortir du nucléaire, c’est possible :
donnez-nous les moyens de faire entendre largement notre message !
Aujourd’hui, nous avons besoin d’au moins 3 000 dons de 30 € pour continuer à combattre le matraquage du lobby nucléaire. Indépendants de l’État à 100 %, nous sommes dépendants de vous. Sans votre soutien, nous ne pourrons pas agir.
Si vous êtes imposable, un don de 30 € ne vous coûtera en réalité que 10 €, puisqu’il est déductible de vos impôts à 66 %. Même plus modeste, votre don sera un grain de sable essentiel pour enrayer la machine nucléaire.
Nous comptons sur votre soutien. Merci infiniment !
Toute l’équipe du Réseau "Sortir du nucléaire"
Je souhaite vous envoyer un don sans utiliser PayPal
Le Réseau "Sortir du nucléaire", c'est plus de 900 associations,
55 000 membres, des milliers de militants actifs partout en France. Le Réseau, c'est chaque année :
  • de nombreuses mobilisations sur le terrain
  • des campagnes d'information pour sensibiliser le grand public
  • des actions juridiques pour entraver certains projets de l'industrie nucléaire et mettre fin à l'impunité des exploitants
  • un site web riche en informations, visité chaque jour par des milliers de personnes
  • une revue trimestrielle pour vous tenir au courant de l'actualité du nucléaire et des alternatives
… et bien d'autres choses encore !
Réseau "Sortir du nucléaire"
http://www.sortirdunucleaire.org
contact@sortirdunucleaire.fr
9 rue Dumenge - 69317 LYON cedex 04
Tél : 04 78 28 29 22

Le Monde est fou


Orléans, les 27, 28 et 29 septembre 2011


Le premier salon NUKLEA fusionne avec son public
La première édition de NUKLEA, le salon des fournisseurs de l'énergie nucléaire, vient de fermer ses portes.

3500 visiteurs se sont rendus au Parc des Expositions d'Orléans entre le 27 et le 29 septembre 2011 pour rencontrer 350 exposants. Les grands noms de l'industrie française et étrangère étaient ainsi présents pour évaluer et présenter services et innovations technologiques dans un secteur sensible mais toujours porteur en France. Le salon a permis aux visiteurs d'élargir leur portefeuille de fournisseurs dans un environnement favorable pour la prise de contact et la vision directe et globale des activités des entreprises exposantes.
Le visitorat de NUKLEA a également pu assister à plusieurs conférences de qualité, notamment la présentation du projet ITER par Mme Sabine PORTIER, et une conférence animée par le directeur de la centrale de Dampierre-en-Burly, M. Elian BOSSARD, qui ont réuni chacune une centaine d'auditeurs. La mise en place de bureaux d'affaires pendant toute la durée du salon a permis aux donneurs d'ordres de rencontrer, dans un endroit privatisé, plusieurs fournisseurs du nucléaire.

Les acteurs de la profession, tels qu'AREVA, EDF, la DCNS, l'IRSN, ALSTOM, le CEA, le CNRS, ou encore ELECTRABEL, WESTINGHOUSE ELECTRIC, etc, ont pu enrichir leur catalogue de fournisseurs et établir de nouveaux contacts professionnels.

NUKLEA se tenait en même temps que, SAFi CENTRE, ULTRAPROPRE et SIPEC.

NUKLEA 2011
NUKLEA, le salon des fournisseurs de l'énergie nucléaire à Orléans, au carrefour des grands axes énergétiques.

Le salon NUKLEA, un partenaire privilégié de la filière nucléaire et des laboratoires de recherches. Il aide les sites de production et les centres de recherche dans l'amélioration et la maintenance totale de leurs outils de travail. Il permet aux fournisseurs actuels ou potentiels de cette filière, de faire connaître et reconnaître leurs matériels, produits ou services. Il joue un rôle d’intermédiaire actif.

Ce salon s’adresse à tous les professionnels du nucléaire et secteurs apparentés. L’éventail des exposants y est très large, puisqu’il va des sociétés d’ingénierie, aux équipementiers et prestataires de services ainsi qu'à la maintenance, au démantèlement et à la radioprotection, en passant par le matériel de laboratoire, ou encore, au conditionnement spécifique jusqu'à la logistique.


L'INDUSTRIE NUCLÉAIRE
(centrales, usines, centres d'études, stockage de déchets et autres)

• L'industrie nucléaire est progressivement devenue la principale source de production d'électricité en France. Le nucléaire couvre 80 % de la production française d'électricité. La France produit 14% de l'électricité mondiale.

• Actuellement, on compte 58 réacteurs nucléaires en activité pour 19 centrales en exploitation produisant 370 gigawatts ; 12 réacteurs nucléaires arrêtés ; 1 centrale en construction ; 1 centrale en projet ; 2 centrales en cours de démantèlement ; 3 centres de stockage de déchets radioactifs et un centre de traitement du combustible usé.

• Une filière nucléaire est une chaîne d'activités industrielles nucléaires, allant de l'extraction des minerais et leur traitement en passant par la fabrication des combustibles chargés en réacteur, le fonctionnement des réacteurs et la conversion de l'énergie de fission en électricité ou chaleur, le retraitement des combustibles nucléaires irradiés en réacteur (partiellement fissionnés), le recyclage en réacteur d'une partie des combustibles irradiés, la gestion des déchets nucléaires, jusqu'au devenir des déchets ultimes.


Une couverture marketing et médiatique intensifiée et ciblée

• 200 000 cartes d'invitation envoyées par mailings
• Des partenaires institutionnels, médias et presse
• Des relations presse intensives avant, pendant et après le salon
• + de 65 insertions publicitaires
• Panneaux d'affichage
• 43 000 stickers
• Des bannières sur les sites partenaires
• Des e-mailings d'information répartis tout au long de l'année
• Plus de 300 référencements du salon
• Des information-produits sur le magazine en ligne
• Des conférences, des ateliers et des rendez-vous d'affaires

mardi 6 décembre 2011

Nucléaire. La sécurité à l'épreuve



Des militants de Greenpeace ont réussi à entrer, hier, dans deux centrales nucléaires pour démontrer les failles de telles installations en matière de sécurité. L'Intérieur reconnaît qu'il faut «durcir le dispositif (de sécurité)».


Des militants de Greenpeace décidés à illustrer des failles dans la sécurité des installations nucléaires ont réussi, hier matin, à s'introduire dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (ils comparaîtront devant un tribunal en avril 2012) et dans celle de Cruas où deux activistes ont été découverts en soirée. À Nogent-sur-Seine, il n'aurait fallu aux militants qu'une quinzaine de minutes afin de pénétrer les lieux et atteindre «le coeur de la centrale» pour y déployer une banderole portant le slogan «le nucléaire sûr n'existe pas», selon Sophia Majnoni, chargée de la campagne nucléaire à Greenpeace. Le directeur du site a affirmé qu'il n'y avait eu «aucun dysfonctionnement» dans la réaction, «proportionnée au degré de danger», de la centrale nucléaire à l'intrusion des militants de Greenpeace. «Ils ont été repérés par les alarmes dès qu'ils ont cisaillé le premier grillage... Tout s'est passé conformément aux procédures, tel que cela devait se passer», a assuré Hervé Maillart. «On a vu tout de suite qu'ils n'avaient pas d'armes. (...) Une fois que les personnes se sont introduites, elles ont été détectées et suivies, et dès lors qu'il s'agit de personnes aux intentions pacifiques, il faut intervenir dans le calme», a déclaré Dominique Minière, directeur du parc nucléaire d'EDF. Info ou intox: les militants «sont toujours restés en dehors de la partie industrielle de l'installation. Ils sont restés à l'extérieur des bâtiments. En aucun cas, ils ne sont rentrés à l'intérieur», a insisté Hervé Maillart. 

Une action «irresponsable» 

Il n'empêche. Ces spectaculaires opérations dans des centrales nucléaires ont provoqué plusieurs réactions. Jusqu'au sommet de l'État. Le président de la République a jugé «assez irresponsable» l'action de Greenpeace et a assuré que «la totalité des audits» sur la sûreté nucléaire serait publiée. Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a reconnu des «défaillances dans notre dispositif de sécurité (...).Il n'est pas normal que des personnes puissent entrer sur un site hautement sécurisé comme l'est une centrale nucléaire, même si les experts font remarquer (...) que ce n'est pas pareil qu'un cas réel où les réactions des forces de l'ordre ne seraient pas de la même nature (...)». Un «débriefing précis» devra être effectué «pour que le dispositif soit durci». Le ministre de l'Énergie, Éric Besson, a, de son côté, réclamé une «enquête approfondie» sur cet incident. 

«Pas la préoccupation des Français» 

Le Premier ministre, François Fillon, a élargi le débat fustigeant ceux «qui préfèrent le retrait à l'écart de la modernité et la peur, parce que des catastrophes qui peuvent être évitées surviennent malheureusement parfois, comme celle que nous avons connue au Japon» en mars. Selon lui, «l'idée de progrès, qui a porté l'élan de générations successives vers un monde meilleur, qui a élevé notre humanité, semble contestée aujourd'hui». Si l'atome est un sujet actuellement largement abordé par les politiques, il reste périphérique pour l'opinion comme le relèvent les enquêtes d'opinion. Cette question «n'est pas du tout, pour le moment, dans les préoccupations des Français», confirme Jérôme Sainte Marie, directeur du département Opinion au CSA. Selon un sondage de son institut publié le 17novembre, le nucléaire arrive en dernière position (6%), loin derrière l'emploi (45%) et le pouvoir d'achat (36%).


dimanche 27 novembre 2011

La Bataille De Tchernobyl


Ce documentaire, alliant à la fois témoignages et documents d’archives, raconte pour la première fois, la bataille de Tchernobyl. Elle commence la nuit de l’explosion, le 26 avril 1986, à 01h23. Pendant huit mois, huit cent mille soldats envoyés de tout l’Empire soviétique vont tenter de « liquider » la radioactivité, construire le « sarcophage » du réacteur accidenté, mais ils vont surtout sauver le Monde d’une seconde explosion, une explosion nucléaire, quinze fois plus puissante qu’Hiroshima, qui aurait ravagé la moitié de l’Europe…
Réalisation : Thomas Johnson

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Les essais nucléaire Français

Une carte de l'armée française de 1960, déclassifiée en 2013, montre que les retombées radioactives du premier essai nucléaire français dans le Sahara algérien ont été beaucoup plus importantes que celles admises à l'époque, s'étendant à toute l'Afrique l'ouest et au sud de l'Europe, selon un document publié vendredi 14 février par Le Parisien.

Cette carte montre que, jusqu'au treizième jour suivant l'explosion aérienne, le 13 février 1960, de Gerboise Bleue, la première bombe française, les retombées radioactives se sont étendues à toute l'Afrique de l'Ouest, au sud-est jusqu'à la Centrafrique, ainsi qu'au nord, sur la côte espagnole et la Sicile.

« Les militaires reconnaissent qu'à certains endroits les normes de sécurité ont été largement dépassées : à Arak, près de Tamanrasset, où l'eau a été fortement contaminée, mais aussi dans la capitale tchadienne de N'Djamena », écrit Le Parisien.

DES RADIOÉLÉMENTS NOCIFS POUR LA SANTÉ

« La carte du zonage des retombées montre que certains radioéléments éjectés par les explosions aériennes, tel l'iode 131 ou le césium 137, ont pu être inhalés par les populations malgré leur dilution dans l'atmosphère », affirme Bruno Barillot, un spécialiste des essais nucléaires cité par Le Parisien. Or, selon cet expert, « personne n'ignore aujourd'hui que ces éléments radioactifs sont à l'origine de cancers ou de maladies cardio-vasculaires ».

« Classée secret-défense par l'armée pendant des décennies », cette carte à été déclassifiée le 4 avril 2013 « dans le cadre de l'enquête pénale déclenchée par les vétérans des campagnes d'essais nucléaires français [dans le Sahara au début des années 1960, puis en Polynésie dans les années 1970] », précise le quotidien.



Ce premier novembre 2006, date anniversaire du déclenchement de la révolution algérienne, est une autre occasion de rappeler à nos mémoires et à celles du monde l’un des nombreux crimes du colonialisme français, une atrocité, un acte barbare : les premiers essais nucléaires français dans le Sahara algérien utilisant des cobayes humains algériens.


Camp Reggane, Gerboise Bleue, premier essai nucléaire français suivis de bien d’autres
Le 22 juillet 1958 la décision du général de Gaulle fixait la date de la première explosion expérimentale au 1er trimestre 1960. De leur côté, les armées avaient déjà créé en février 1956 le Groupe d’études des expérimentations spéciales sous la direction du Commandant des armes spéciales de l’armée de Terre et, en juillet 1957, elles décidaient d’implanter un champ de tirs nucléaires près de Reggane, oasis située à 150 km d’Adrar, dans le Sud algérien. Le programme a commencé par l’installation de la base-vie (photo 1) des militaires français à 12 km à l’est de Reggane. Une base qui a compté près de 3000 hommes. Et malgré le moratoire décidé en 1958 par les USA, l’ex-URSS et la Grande Bretagne interdisant les essais nucléaires atmosphériques, la France déclenche sa première série d’essais atmosphériques utilisant des bombes au plutonium et à l’uranium. Les tirs étaient effectués à partir d’une tour. Sous le nom de code Gerboise bleue, le 13 février 1960, à 7 h 04, à 40 km au sud de Reggane, avait lieu le premier tir nucléaire français, la bombe atomique française ou bombe A.

Hamoudia a été le point zéro de l’explosion. La bombe A avait atteint une puissance de feu nucléaire estimée à trois fois la puissance de la bombe larguée sur Hiroshima ! Et la France entrait dans le club des puissances nucléaires militaires, saluée par un « Hourra ! » du général de Gaulle et un titre à la une du journal Le Monde.

D’autres explosions aériennes ont suivi au même endroit, Gerboise blanche (1er avril 1960), Gerboises rouge (27 décembre 1960) et verte (25 avril 1961). Lors de ce dernier tir du 25 avril 1961 (gerboise verte) la bombe n’explosa pas conformément aux directives, « 195 soldats furent irradiés dont une dizaine mourront contaminés ». A partir du 7 novembre 1961 les autorités françaises décidèrent d’effectuer les prochains tirs atomiques dans des galeries souterraines creusées dans les montagnes du désert, au Hoggar, notamment à In Eker à 150km au nord de Tamanrasset, dans le Sud-Ouest Algérien.

L’objectif étant d’éviter toute contamination de l’environnement car toute « la poussière dégagée au cours de l’explosion ainsi que les gaz radioactifs étaient ainsi confinés dans le cône d’éboulis formé à l’intérieur de la chambre après l’explosion et devaient se fixer dans les roches, du moins en théorie ». Cependant le succès attendu fut un autre échec, lors du 2ème tir, le tir de Béryl (1er mai 1962) l’explosion souterraine (photo 2) provoqua l’écroulement de la montagne et libéra un nuage radioactif dans l’atmosphère. Le nuage radioactif de l’accident Béryl atteignit 2600m d’altitude et fut suivi sur une distance d’au moins 600 km. Parmi les victimes seulement 17 sont répertoriées et mortes de leucémie. Le tir suivant (Emeraude, 18 mars 1963) libère également de la radioactivité dans l’air.

De novembre 1961 à février 1966, treize tirs en galerie ont été effectués dont quatre n’ont pas été totalement contenus ou confinés. Les noms de code des tirs : Agathe, Béryl, Améthyste, Rubis, Emeraude etc. En 1966, après l’indépendance de l’Algérie, la France abandonna ses expériences au Sahara selon les accords d’Evian.


 Les cobayes humains algériens, travailleurs algériens, appelés français
Cette opération étant un secret bien gardé, aucun avertissement n’a été donné à la population locale pour se prémunir des effets de la radioactivité.

Aucun scrupule n’a secoué les consciences des militaires malgré leurs connaissances des risques et traumatismes majeurs encourus par une population si proche de l’épicentre, ayant déjà une idée après les centaines de milliers de victimes à Hiroshima et Nagasaki. Au contraire, selon les nombreux témoignages, ces militaires ont poussé la barbarie à l’extrême en exposant 150 prisonniers algériens, résistants pour la plupart, ils étaient ligotés à des poteaux à environ 1 km de l’épicentre, l’objectif « scientifique » étant de voir les effets des radiations sur ces cobayes humains.

Le témoignage de M. Chennafi, « un sexagénaire, enlevé avec cinq de ses amis de Staouéli (ouest d’Alger) à Reggane où ils devaient travailler jour et nuit et préparer l’installation de la bombe nucléaire : « Après l’explosion de cette bombe, les victimes étaient parties en fumée. Même les ossements ont disparu ». Plusieurs militaires et médecins Français ont confirmé l’utilisation par l’armée française d’habitants de la région ou de Ghardaia afin de "tester l’effet des radiations" sur eux. Ces derniers ont été placés dans les lieues servant de théâtre des opérations sans protection aucune. Les survivants n’ont bénéficié d’aucun traitement contre les radiations nucléaires par la suite.

Les effets des essais nucléaires, atmosphériques à Reggane et souterrains à Tamanrasset, continuent à se faire ressentir avec des pathologies caractéristiques des radiations. Bien que les morts n’aient pas été recensés car considérés morts de mort naturelle à l’époque faute d’encadrement sanitaire, les maladies sont évidentes même chez les animaux.

Ainsi, comme démontré par de nombreuses études, les populations de Reggane et d’In Ekker à Tamanrasset souffrent encore des effets de ces essais qui ont coûté la vie à des milliers de personnes et engendré des maladies graves. A Reggane où les essais ont été atmosphériques et ont couvert une vaste zone non protégée, selon le Pr. Aboudi, les cancers notamment les leucémies dépassent de manière sensible la moyenne dans la région où l’on constate également des cas de malformations chez les nouveaux-nés et une baisse de fertilité des personnes. La cécité chez ce vieillard qui raconte comment la lumière de l’explosion a brûlé ses yeux.

Dans la région de In Eker, mieux protégés que Reggane car les tirs étaient souterrains malgré les échecs de certains, le Pr. Aboudi a constaté que 10 chameaux sur 60 présentaient des leucémies et des changements dans leur hématologie.

D’autres témoignages dont ceux de Mr Bendjebbar, parlent de la sécheresse qui a frappé la région de Reggane, la mort des animaux et la disparition de la végétation. Brebis et chamelles mettant bas des « monstres ».

Par ailleurs, des milliers de travailleurs algériens et un groupe d’appelés français ont été exposés sciemment aux explosions sans protection alors que des personnalités présentes ont bénéficié de combinaisons et de masque anti-gaz. Selon les données « 24 000 civils et militaires ont été utilisés dans ces explosions sans compter la population de la région ».

Ces « Irradiés de la République », Français victimes des essais nucléaires en Algérie et en Polynésie française, ont officiellement déposé plainte auprès de la justice française. Ceux qui ne sont pas morts souffrent de maladies nombreuses dont « des cancers du sang, de la thyroïde, de la bouche, des poumons, de la peau, des glaucomes, des problèmes cardiaques.
Ils ont transmis sans le savoir des affections génétiques à leur descendance ».

Qu’en est-il des victimes algériennes qui continuent de souffrir et meurent en silence ?


Dégâts sur l’environnement
Les effets dévastateurs de ces essais consistent dans la radioactivité et la pollution qui a ravagé tout l’écosystème de la région et même des pays voisins. Il est reconnu que les essais atmosphériques en particulier se sont avérés très polluants en irradiant le sol algérien tout en causant un grave préjudice écologique dont témoignent encore les roches noires et les terres brûlées où aucune végétation ne pousse.

Ce qui est constaté dans la région de Tamanrasset à 150 km du site d’In Ekker c’est la disparition de l’eau potable qui pourrait avoir un lien avec le site atomique, les explosions causant des déplacements tectoniques, voire des séismes.

Dans les wilayas d’Adrar et de Tamanrasset les centaines de KT des bombes ont libéré des radiations qui ont couvert des superficies s’étendant sur des centaines de Km, 150 Km de long selon le rapport du CEA de 1960 et sur un rayon de 80 Km selon les chercheurs. Les bombes fabriquées avec du plutonium, connu pour être plus toxique que l’uranium, sont un véritable poison pour l’environnement et les humains. Le plutonium utilisé dans ces bombes demande 24 000 ans pour que diminue la moitié de ses effets toujours selon les chercheurs.

Quarante ans après la fin des essais, la persistance de la menace radioactive pèse toujours sur une large portion du territoire algérien surtout que la puissance des vents sahariens a du disperser les éléments radioactifs sur une très grande surface.

Ces essais ont ainsi provoqué des catastrophes environnementales et humanitaires que l’Etat Français n’a pas voulu reconnaître jusqu’à présent. Il persiste à nier les conséquences des radiations sur les victimes en particulier les populations locales.

Quand la France se décidera-t-elle à demander pardon pour tous les crimes commis au nom de la République sur tout un peuple dont même la descendance continue de subir les conséquences de cette colonisation où la barbarie des civilisateurs a atteint son paroxysme ?

Quand la France se décidera-t-elle à demander pardon au peuple algérien ? Quand la France aura-t-elle honte de son passé colonial en Algérie ?

1er novembre 1954 : début de la guerre d’Algérie

Visualiser une vidéo sur le colonialisme français en Algerie :"Les 3 couleurs de l’Empire" documentaire sur l’empire colonial de la France de Jean-Claude Guidicelli et Virginie Adoutte (2001), coproduit par Arte France et Riff International Productions. 1h10 min

Présentation :

Colonisée au nom de valeurs humanistes, l’Algérie symbolisa pendant presque un siècle et demi l’utopie coloniale française. Examinant la manière dont la France a géré son « image », ce documentaire retrace les étapes de « l’idée coloniale », dont les principes n’ont pas totalement disparu. Sûre de sa mission civilisatrice et désireuse de construire un empire puissant pouvant rivaliser avec celui du Royaume-Uni, la France entreprend, dès 1830, de conquérir l’Algérie. Les soldats, les ingénieurs puis les colons agriculteurs venus de toute la France, et même de toute l’Europe, s’emparent du territoire. Massacre des opposants, expropriation des indigènes, entreprise de « désislamisation », installation d’industries et construction de voies de communication... Tout est légitimé par une certaine idée du progrès et la nécessité d’une Algérie « française ».

La colonisation est aussi une affaire d’images et de propagande. L’Agence générale des colonies, créée en 1919, contrôle plus de 80 % des images venant des colonies françaises. Malgré les voix discordantes - notamment celles de saint-simoniens, de voyageurs, d’écrivains et d’indigènes -, la politique coloniale de la France continue d’afficher ses valeurs républicaines et humanistes. Elle atteint son apogée lors de l’exposition coloniale de 1931. Développant l’idée d’une hiérarchie entre les communautés et la notion de « races », les tenants de l’empire vont bientôt devoir affronter les soulèvements de ceux qu’ils ont « éduqués » pendant un peu plus d’un siècle...

Source : www.planetenonviolence.org
AVoir : http://hoggar-cemo.blogspot.fr/p/la-base-d-in-amguel.html